- Les Chroniques de Faust -

"Je est un autre." Rimbaud

mardi 28 février 2006

Fac bloquée !

"Le vice, c’est le mal qu’on fait sans plaisir."
COLETTE

Je me suis cassée le nez ce matin à la fac, il n'y avait pas cours, tout était bloqué...jusqu'à quand ??? Rassemblement général dans un amphi bondé ce matin, manifestation cette après-midi. J'ai pris qques photos des affiches dans la fac, cf album photo fac ! Café avec Brice, Tony et Coline et retour en métro chez moi. Je ne sais pas si j'aurai cours demain ??!!

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Censure ou littérature

Censure ou LITTERATURE
Qui aura le dernier mot ?

2006 ne débute pas sous les meilleurs auspices : la liberté d’expression, et son corollaire, la censure, sont au coeur d’une actualité animée. Et la littérature dans tout ça ? Evene fait le point sur un phénomène (presque) aussi vieux que le monde.

"On a un peu vécu dans l’illusion que la liberté d’expression (…) était acquise une bonne fois pour toutes." Et s’il est un domaine dans lequel la liberté semble acquise, il s’agit bien de la littérature. Soumise à différents types de censure - religieuse, politique, censure des idéologies contestataires, elle n’est pourtant, quand l’oeuvre n’est pas fiction, que le reflet d’une opinion personnelle. L’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ne définit-il pas la liberté d’expression comme une liberté fondamentale de l’homme ? En théorie, oui. Mais dans les faits, rien n’est si simple. Et cela ne date pas d’hier.

A history of violence

La censure de l’opinion est aussi vieille que l’invention de l’imprimé : elle est attestée en Europe dès 1479. Si, à l’origine, le terme "censure" désigne le travail du censeur - censor en latin, magistrat sous l’Antiquité romaine investi du contrôle des moeurs des citoyens -, la censure, comme refus de l’opinion d’autrui, naît véritablement avec l’imprimerie. Elle voit très vite son champ d’application s’étendre, au fur et à mesure que surviennent de nouvelles formes d’expression, pour devenir le contrôle systématique de toute forme d’expression, religieuse, politique, artistique ou morale. Préventive à ses débuts - les ouvrages de Protagoras émettant des doutes sur l’existence de Dieu sont brûlés avant leur parution -, elle devient vite répressive. L’imprimerie faciliterait la propagation des idées hérétiques : c’est donc l’Eglise qui organise d’abord la censure, avant de passer le flambeau au XVIe siècle à la Sorbonne et au Parlement. L’invention de Johanness Gensfleisch, dit Gutenberg, propage et étend le cercle des connaissances : l’autorité religieuse de Rome ne peut donc plus réprimer que les ouvrages religieux. Il faudra attendre 1789 pour que l’Assemblée constituante décide que "tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas prévus par la loi", ce à quoi 1791 ajoutera : "sans que les écrits ne puissent être soumis à aucune censure ni inspection avant leur publication." Mais rien n’est pour autant gagné. Placements sous inspection de la police, censure ponctuellement imposée à chaque journal, autorisations préalables et cautionnement imposés… La liberté souffre d’une réalité en dents de scie jusqu’à l’adoption de la loi du 29 juillet 1881 pour la liberté de la presse.

Affaire réglée ? L’avancée des droits de l’homme n’est malheureusement pas un gage suffisant de maintien des droits acquis. Dès 1796, c’est le journal, bien plus que le livre, qui va poser problème. L’Eglise et les gouvernements se méfiaient d’abord de la puissance du livre imprimé ; ils craignent désormais davantage l’impact fantastique des journaux sur la population. Il faut donc en surveiller le propos, et ce sans avoir officiellement rétabli la censure. Quand ce n’est pas le support lui-même qui s’autocensure, de peur de déplaire ou d’être à l’origine d’un litige.

Depuis le XIXe siècle, force est de constater que la censure a - généralement et surtout en Occident - perdu de son efficacité. Un phénomène se profile en effet dès la fin du XVIIIe siècle : la censure provoque un effet contraire à celui escompté. La curiosité du public et sa plus grande sensibilité aux appels révolutionnaires ont pour conséquence un succès renforcé des éditions clandestines. Les choses n’ont pas changé. Censurer une oeuvre et / ou un auteur demeure une publicité formidable et un booster de ventes conséquent : ce n’est pas l’actualité qui dira le contraire.

Orhan Pamuk : libre de se taire

A 53 ans et avec six romans à son actif - traduits dans plus de vingt langues -, l’écrivain turc a bénéficié le 7 février d’un non-lieu pour le procès dont il était l’objet. Il était en effet poursuivi pour "humiliation de l’identité turque, de la République, des institutions et des organes d’Etat." Le 5 février 2005, il déclarait au journal suisse ‘Tages-Anzeigen’, qu’en Turquie, entre 1915 et 1917, "on a tué 30.000 Kurdes et un million d’Arméniens" et ajoutait : "Presque personne n’ose le dire. Moi, je le fais." Son pays ne reconnaît que la mort de 300.000 Arméniens : l’auteur est donc menacé de six mois à trois ans de prison et sujet à diverses intimidations. Le sous-préfet de Sütçüler, dans la région d’Isparta, parle même de détruire l’ensemble de son oeuvre. Une chaîne de télévision lance même un appel contre une étudiante ayant déclaré être en possession d’un de ses livres. Ironique pour un auteur croulant sous les prix, dont celui de la Paix de l’Union des libraires allemands ?
Orhan Pamuk ne se démonte pourtant pas. Soutenu par le monde des lettres, il plaide pour la liberté d’opinion et le respect des droits de l’homme en Turquie. Son procès, prévu le 16 décembre 2005, est donc reporté au 7 février. Ce délai devait permettre de déterminer si l’article 301 du nouveau code pénal, réprimant les atteintes et les insultes envers la République turque, pouvait s’appliquer de manière rétroactive au cas de Pamuk. Il n’en sera rien : l’auteur est acquitté. On ne le condamnera pas pour avoir évoqué le génocide arménien en raison d’un non-lieu. Mais pour beaucoup, cette décision apparaît comme une stratégie visant à éviter tout conflit avec l’Union européenne, alors que se pose la question de l’étude du système judiciaire turc en vue de son entrée dans l’Union.

L’affaire Rushdie

Si l’affaire Pamuk a finalement trouvé une issue rapide, ce n’est pas le cas de tous les auteurs. L’affaire des caricatures de Mahomet actuellement au coeur de l’actualité n’est pas sans rappeler un événement vieux de presque vingt ans.
26 septembre 1988. ‘Les Versets sataniques’, le roman de Salman Rushdie, est publié à Londres. L’auteur suggère que le message divin dicté à Mohamed est corrompu par Satan qui, se substituant à Dieu, aurait soufflé au Prophète des paroles démoniaques. 14 février 1989. Sur les ondes de Radio Téhéran, l'ayatollah Khomeini proclame une fatwa à son encontre : "J'informe le fier peuple musulman du monde entier que l'auteur du livre ‘Les Versets sataniques’, qui est contraire à l'Islam, au Prophète et au Coran, ainsi que tout ceux impliqués dans sa publication et qui connaissaient son contenu sont condamnés à mort. (...) J'appelle tout musulman zélé à les exécuter rapidement, où qu'ils soient. (...) Toute personne tuée dans cette voie sera considérée comme un martyr." La fondation iranienne politico-religieuse Khorad 15 offre peu de temps après le lancement de l’affaire Rushdie une récompense d’un million de dollars à quiconque le tuerait. Interdit dans plusieurs pays arabo-musulmans, l’auteur n’a d’autre choix que d’entrer en semi-clandestinité sous la protection des services secrets britanniques. En Angleterre, en Inde, ou encore au Pakistan, des émeutes et des manifestations ont lieu : plusieurs personnes sont tuées ou blessées. Le livre est retiré de la vente. Des librairies aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne sont victimes d’attentats à la bombe. A Londres, un "Comité international de défense de Salman Rushdie" est alors lancé.

Pour René Girard, philosophe et professeur de littérature comparée à l’université de Stanford aux Etats-Unis, le romancier comme les caricaturistes danois de Mahomet "ont osé s’en prendre au tabou par excellence, celui du sacré que l’homme, dans toutes les sociétés, anciennes ou modernes, a toujours utilisé pour justifier, légitimer, réguler sa propre violence." Une raison pour réclamer la mort de l’auteur ? Malgré toute l’horreur impliquée, sans cette fatwa et l’énorme brouhaha médiatique dont Salman Rushdie a été l’objet, il serait peut-être resté inconnu en Occident. Son sens de la dérision s’est retourné contre lui : cela n’a cependant pas empêché le défenseur de la liberté d’expression de récidiver en 2005 avec ‘Shalimar le clown’ dans le rapport au religieux, et d’être considéré comme un auteur de génie dans le monde entier.

A chacun sa censure

Finalement, on se rend compte que la censure n’est qu’une histoire de tabous. Toute société formule ses "interdits" - tabou est un mot d’origine polynésienne signifiant "défendu" - en fonction du cadre religieux ou culturel dans lequel elle s’inscrit. Le tabou, en tant que phénomène religieux, constitue la forme négative du sacré, pour exprimer son caractère dangereux et contagieux. Ainsi, comme le soulignait Freud, la censure est une donnée incontournable de la vie psychique en société.

Et ni les tabous ni la censure ne subissent d’évolution linéaire. Un pas en avant, deux en arrière : leur progression pourrait facilement se résumer de la sorte. Pour Ahmed Charaï, directeur de recherche au CNRS, "la censure est le plus grand anachronisme qui soit." Catherine Millet et Virginie Despentes font les frais de leur attrait pour la littérature dite "érotique" à une époque où le sexe est devenu un argument marketing incontournable. On crie au scandale à la publication de ‘Acide sulfurique’, le dernier Amélie Nothomb, qui ose transposer une émission de téléréalité dans un camp de concentration, alors que les critiques n’ont jamais cessé de pleuvoir au sujet de la nouvelle télé. Aux Etats-Unis, les créationnistes veulent faire interdire l’enseignement de la théorie de l’évolution de Darwin. Aujourd’hui, plus de la moitié des Etats représentés à l’ONU pratiquent la censure, et notamment la censure littéraire.

Le pouvoir de l’idéologie a plus que jamais un impact dans la littérature. Chaque jour, de nouveaux exemples nous démontrent l’impossibilité d’une liberté d’expression qui ne se verrait pas entravée. La censure fait partie de l’homme : interdire - s’interdire ? - la divergence devient une évidence. Mais la divergence profite au marché et à la culture. C’est même elle qui leur permet de survivre et d’évoluer.

Faustine Amoré pour Evene.fr - Février 2006

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lundi 27 février 2006

Monde virtuel !

M      

« Monde virtuel »    

Paroles et Musique: M (Mathieu Chedid)   1999  "Je dis Aime"    

Mais comment faire

Comment lui dire

Comment lui faire voir

Ma planète artificielle

Mais comment faire

Comment lui dire

Comment lui faire croire

Que je changerais le bleu du ciel

Je vis

Dans un monde

Virtuel

Je sais bien que

Tu finiras

Par te détendre

Toi qui préfères les pieds sur terre

Mais je n'sais pas si

Tu finiras

Par te détendre

Dans ta tête

C'est la fête des nerfs

Moi qui vis

Dans un monde

Virtuel

Moi qui vis

Dans un monde

Virtuel

Explorateurs, exploratrices

De la troisième dimension

N'ayez pas peur

Si je me glisse

Dans votre imagination

Je vis

Dans un monde

Virtuel

Explorateurs, exploratrices

De la troisième dimension

N'ayez pas peur

Si je me glisse

Dans votre imagination

Votre imagination

Votre imagination

Imagination...

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Cérémonie des César 2006

César: "De battre mon coeur s'est arrêté" triomphe, les intermittents s'invitent

Après avoir retardé de plus de vingt minutes le début de la cérémonie en occupant la scène du Théâtre parisien du Châtelet, où se déroulait la soirée, les intermittents sont intervenus à plusieurs reprises depuis la salle pour dénoncer la réforme contestée de leur régime d'assurance-chômage.

Photo 3 - César:

Quand les manifestants se taisaient, ce sont les artistes récompensés sur scène qui ont à leur tour tenu, leur César à la main, à dénoncer le régime d'indemnisation chomage des intermittents tel qu'il a été réformé en juin 2003.

Le grand vainqueur de la cérémonie, le réalisateur Jacques Audiard, a ainsi contesté, en coulisses, la méthode plutôt musclée avec laquelle ont été expulsés de la salle les intermittents qui s'y étaient invités. "Je ne suis pas du tout d'accord avec la manière dont les choses se sont passées avec les intermittents. Moi aussi, j'ai été intermittent", a-t-il souligné.

Grand favori de la soirée avec dix nominations, "De battre mon coeur s'est arrêté" a remporté les César suivants : film, réalisateur, musique (Alexandre Desplat), second rôle masculin (Niels Arestrup), espoir féminin (Linh-Dan Pham), adaptation, photo et montage.

"Il est pour toi Romain, sans toi il n'y a pas ça", a déclaré Jacques Audiard en dédiant son César à son acteur principal, Romain Duris, qui incarne un marchand de biens véreux qui voit sa vie changer grâce au piano dans ce film qui a rassemblé plus d'un million de spectateurs en France.

Le César du meilleur acteur a toutefois échappé au jeune acteur au profit de Michel Bouquet, interprète troublant de François Mitterrand dans "Le promeneur du Champ de Mars". L'acteur de 80 ans, en tournée en province avec "Le roi se meurt" de Ionesco, était absent de la soirée.

Nathalie Baye a quant à elle reçu le César de la meilleure actrice pour son rôle d'officier de police dans "Le petit lieutenant", 23 ans après un premier César pour une autre histoire de flics, "La balance". "Je dédie ce César aux actrices qui ne jouent plus, à celles qui attendent un coup de fil, qui n'y arrivent plus", a déclaré la comédienne de 53 ans.

La soirée, présentée par une Valérie Lemercier faisant feu de tout bois -- elle interpelle le public par un sonore "Bonsoir mes châtons!" -- a été placée sous le sceau de l'humour, avec notamment une prestation réussie de l'imitateur Nicolas Canteloup, qui a parodié tout à tour Dominique de Villepin, Philippe Douste-Blazy, ou encore le cinéaste italien Roberto Benigni.

Tout de noir vêtue, Valérie Lemercier a joué un pas de deux avec la hiératique présidente de la soirée, Carole Bouquet, qui a ouvert la cérémonie en déclamant du Shakespeare.

Parmi les invités à la cérémonie figuraient entre autres l'acteur britannique Hugh Grant et Pierre Richard, qui dont tous deux reçu un César d'honneur, mais aussi Judith Godrèche, Antoine de Caunes, Kristin Scott-Thomas, Chiara Mastroianni, Clovis Cornillac et Benoît Poelvoorde.

Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, quelque peu malmené par l'intervention des intermittents du spectacle, a malgré tout salué cette "fête du cinéma" et fait allusion à la tragédie du jeune Ilan Halimi.

"En cette période de haine, je souhaite que chacun tende la main à l'autre, quels que soient sa religion, sa couleur de peau ou son origine", a-t-il affirmé.

Les 19 César 2006, récompenses les plus prestigieuses du cinéma français, ont été décernés samedi, dont huit sont allés au grand vainqueur de la soirée, "De battre mon coeur s'est arrêté". Voici la liste récapitulative:

Meilleur film français: "De battre mon coeur s'est arrêté" (Jacques Audiard) Meilleur réalisateur: Jacques Audiard ("De battre mon coeur s'est arrêté") Meilleure actrice: Nathalie Baye ("Le petit lieutenant") Meilleur acteur: Michel Bouquet ("Le promeneur du Champ de Mars") Meilleure second rôle féminin: Cécile de France ("Les poupées russes") Meilleur second rôle masculin: Niels Arestrup ("De battre mon coeur...") Meilleur espoir féminin : Linh-Dan Pham ("De battre mon coeur s'est arrêté") Meilleur espoir masculin : Louis Garrel ("Les amants réguliers") Meilleur film étranger : "Million dollar baby" de Clint Eastwood Meilleur premier film : "Le cauchemar de Darwin" de Hubert Sauper Meilleur scénario: R. Mihaileanu et A.-M. Blanc pour "Va, vis et deviens" Meilleure adaptation : J. Audiard et Tonino Benacquista pour "De battre..." Meilleure musique écrite pour un film : Alexandre Desplat pour "De battre..." Meilleur court métrage : "After shave (Beyrouth après-rasage)" de Harry Tamba Meilleure photo : Stéphane Fontaine pour "De battre mon coeur s'est arrêté" Meilleurs décors : Olivier Radot pour "Gabrielle" de Patrice Chéreau Meilleur son : Laurent Quaglio et Gérard Lamps pour "La marche de l'Empereur" Meilleurs costumes : Caroline de Vivaise pour "Gabrielle" de Patrice Chéreau Meilleur montage : Juliette Welfling pour "De battre mon coeur s'est arrêté" Deux César d'honneur ont été décernés à Hugh Grant et à Pierre Richard.

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"La jalousie est le tyran du royaume de l'amour."
MIGUEL DE CERVANTÈS

J'ai regardé le film "The Rock", film-culte de mon frère ! Pas mal...j'aime surtout la musique !

Ils ont prévus un sale temps pour toute la semaine sur Paris (et aussi en Bretagne !)...Vivement le printemps ! L'hiver me paraît si long...

Today = Pas cours car grève à Paris 3 !!! La prochaine manifestation contre le CPE a lieu le 7 mars, j'irai peut-être...la dernière manifestation que j'ai faite c'était à Vannes et j'avais 17 ans !!! J'ai le souvenir que c'était ennivrant, vivant, et tout à fait génial, et tout cela pour une bonne cause !

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Expo "Communiquer avec l'autre"

EXPOSITION Livres de Parole : Thora, Bible, Coran
Communiquer avec l’Autre

Jusqu’au 30 avril 2006, la BNF, sur le site François Mitterrand, rend hommage aux livres fondateurs des différents monothéismes en réunissant un ensemble important de supports de papier, papyrus, parchemin et phylactère inspirés de la Parole divine. L’occasion d’une digression culturelle hétéroclite autour du Livre et de l’Ecriture.

La religion est un sujet extrêmement sensible dans notre société. Tout initiative publique se doit d’investir l’espace sacré avec le recul nécessaire. Cette exposition se présente ainsi comme une alternative pertinente au prosélytisme et à l’anticléricalisme chevronné. En favorisant l’expérience profane de la philologie et de la contemplation esthétique, elle vise à traiter non du contenu de l’Ecriture et du Livre, mais de sa forme, tributaire des contingences culturelles et sociopolitiques. Sa thématique n’est pas le sacré en soi mais sa matérialisation par l’écrit, et son objet n’est pas la compréhension de Dieu mais l’histoire de sa représentation. Cette invitation au voyage à travers les fluctuations et les bouleversements religieux s’inscrit donc dans un cadre pédagogique et culturel que l’on pourrait énoncer à partir de trois attributs inhérents à l’Ecriture et au Livre : la tradition, la transmission et la propagation.

Une exposition ludique et pédagogique

Le parcours s’ouvre sur un petit vestibule où une carte géographique, propre aux régions concernées par la naissance des monothéismes, est associée à une chronologie très précise. Desseins pédagogiques et éducatifs se réalisent à travers un subtil agencement des salles où chaque religion apparaît distinctement dans un espace non clos, comme pour signifier la filiation, les liens originels indéfectibles. De nombreux cartels consciencieusement élaborés dans un souci de clarté et des espaces médias relatent l’Histoire, les cultures et les liturgies propres aux différents monothéismes. Enfin - paradoxe d’une rencontre désormais ordinaire - cette exposition, exaltant le livre comme livre, c'est-à-dire comme repère traditionnel et confirmé d’un savoir universel et éducatif, utilise le support informatique comme outil de réflexion et de conservation. Le détail de l’association du manuscrit et de l’informatique révèle un problème herméneutique fondamental. Privé des médiums traditionnels, la pensée véhiculée n’est plus accessible dans sa plénitude et l’interprète relativise ses certitudes. Avec l’écriture moderne, la possibilité de "vaincre une distance, un éloignement culturel, d’égaler le lecteur à texte devenu étranger [...]" (1) s’amenuise considérablement. Déchue des indices culturels , historiques et ontiques, ce mode de communication réduit l’identité du texte à l’expression littérale la plus brute, la plus figée, qui dit ce qu’on lit sans engager ce qu’elle est. A contrario, le manuscrit doit se vivre comme "[…] un palimpseste sous la surface duquel un autre texte est écrit" (2), donnant accès à une conscience particulière et à une mémoire collective.

L’écriture pour identifier : la naissance du monothéisme

Le Livre est avant tout ce qui permet de figer la révélation, afin de la préserver. Pour le religieux, il rend immuable le sens sacré en établissant la tradition, pour le profane il est une source inépuisable de compréhension des fondements historiques et structurels du monothéisme.

Prémices à la croyance ou aux fondements du monothéisme, les présences de papyrus égyptiens et de statuettes mésopotamiennes viennent corroborer cette exigence. Les fragments de la mer Morte, rédigés par les Esséniens, datant du Ier siècle, le plus ancien Coran datant du VIIe siècle et l’exemplaire de l’Evangile selon saint Matthieu, trouvé au bords de la mer Noire, datant du VIe siècle, sont les reflets émouvants et concrets de cet héritage lointain. L’identité, c’est aussi les outils de rédaction - calames en roseau, stylets, grattoirs d’encres et pigments - supports en papyrus, omoplates de chameaux, morceaux de palmes, etc. - ainsi que de nombreux objets de préservation et de transports - jarres de Qumram, sacs en cuir ou peau de chameau, etc.

Le Livre pour transmettre

Tradition, du latin tradere, signifie remettre, transmettre. La transmission s’inscrit viscéralement dans la tradition. Elle est le fait de l’homme dans sa lutte insatiable contre le temps. L’usure, l’oubli, les guerres, le syncrétisme peuvent falsifier l’identité, priver les descendants d’un héritage authentique et briser la mémoire collective. La transmission, c’est le passé dans l’avenir et ‘l’à-venir’ du passé. Le plus ancien Pentateuque traduit en arabe au IXe siècle par Saada Gaon ben Joseph, chef de la communauté de Babylone, vient nous rappeler l’histoire de la diaspora juive et les conséquences sur le mode de préservation de la loi mosaïque. Exil signifie dispersion et implique le passage de la loi orale à la loi écrite, la mutation du judéisme en judaïsme et du ‘peuple de la terre’ en ‘peuple du livre’. Malgré les variations formelles du contenant, le contenu devra être préservé et transmis par la médiation du livre. La transmission par l’écriture comme persévérance face au lointain. Le ‘Mishneh Torah’ de Maimonide, dans sa version originale datant du XIVe siècle en Catalogne, porte en lui tous les indices du mélange culturel et des effets de la rencontre avec ‘l’Autre’.

Propagations et altérité

L’hétérogénéité des traductions, les différenciations formelles et les indéniables syncrétismes culturels sont les conséquences d’une propagation des monothéismes. La dureté de l’Histoire et la brutalité des faits, qui ont malheureusement accompagné les conversions, s’amenuisent sous le reflet humaniste du livre. Les transformations linguistiques, les digressions iconographiques, les influences étrangères sont les fruits de l’altérité, elle-même rendue possible par un type particulier de propagation conforme à la définition de E.Lévinas."Convertir ou persuader, c’est se créer des pairs", dit-il, car celui qui accepte la révélation ou le kérygme "devient son maître comme celui qui la propose" (3). Ainsi le livre devient l’objet de cette altérité et d’une certaine perte d’autorité des acteurs du prosélytisme. Et la propagation est monumentale. Du grec à l'inuktitut (langue inuit), en passant par le latin et le français, les traductions de l’Evangile seront à la hauteur des ambitions universalistes chrétiennes.

On reste admiratif devant la traduction comparative (latin et grec) de Erasme ou face à la version allemande de l’Ancien Testament par Luther. Autre exemple d’influence considérable en la présence du Tétra Évangile arménien dont l’alphabet prit naissance à partir des traductions de la Bible au Ve siècle. L’Islam, plus strict quant à l’exclusivité de la langue arabe, verra naître paradoxalement une variation linguistique importante. Corans chinois, indien, javanais (dès le XIVe siècle, les missionnaires arabes et persans propagent l’Islam en Indonésie), etc. Liberté de ton et de représentation par l’image s’imposeront aussi peu à peu. La traduction latine du Coran par l’abbé de Cluny avec la caricature de Muhammad permet à l’Islam, sous couvert de réfutation, d’investir le monde occidental.
L’exposition soulève également le problème de l’imprimerie. La Bible éditée en 1455 par Gutenberg à Mayence est le reflet de l’avantage considérable pour la propagation du christianisme au dépend de l’Islam. Contraint par des exigences de copies très précises, sans défaut, l’usage de l’imprimerie sera interdit du XVe au XIXe siècles pour la reproduction du Coran.

Une exposition d’artistique

Ces fusionnements culturels ne se réalisent pas sans créativité et abondance iconographique. Le livre et l’écriture restent de véritables oeuvres d’arts. Somptueuses calligraphies, reliures d’or, iconographies chrétiennes ou musulmanes, esthétique de la lettre… L’exposition est un événement artistique à part entière. Les nombreuses variations calligraphiques iraniennes, irakiennes ou syriennes révèlent la multitude des formes et de mises en pages. Larges lettres, proportions voluptueuses et harmonieuses des différents styles marqueront les singularités et les divergences. Avec le judaïsme, la lettre devait dire l’infini, objectiver le divin. L’Islam va y ajouter un supplément figuratif et malgré l’interdit de la représentation, les visiteurs seront éblouis par les couleurs et l’originalité des Corans indiens du XVIe siècle en lettres d’or ou des Corans turcs représentant la vie du prophète. On notera la finesse d’un recueil iranien d’anecdotes satiriques en prose.
Les illustrations des Evangiles seront l’occasion de raconter la vie des saints (voyages de saint Jérôme dans une bible de Charles le Chauve vers 846) ou d’éduquer avec aisance les populations analphabètes - manuscrit de peinture représentant la passion en 1577. Le livre ‘Des échecs amoureux’ de l’humaniste Evrard de Conty, associant la mythologie grecque et l’allégorie chrétienne, sera présenté comme le reflet du syncrétisme esthétique. Effervescence créatrice avec le Ier évangéliaire de la sainte Chapelle exécuté par les orfèvres parisiens au XIIIe siècle.

Une conclusion allégorique et studieuse

Le voyage prend fin avec un "puit de connaissances" où le nom de Dieu, décliné sur un écran en plus de 1000 langues, est associé à une voix off, énigmatique, récitant des textes sacrés. Initialement pédagogique, le parcours se termine comme il a commencé, il offre la possibilité d’écouter des commentaires de spécialistes, puis de consulter de nombreux ouvrages et données informatiques dans une petite bibliothèque. Au-delà de la contrainte, de la force et de la nécessité, le livre a investi l’espace fraternel et humaniste de la rencontre avec l’Autre, transformant le maître en égal et l’étranger en ami.
Une belle exposition, qui suscite l’envie d’appréhender le Livre à la manière du philosophe allemand Peter Sloterdjik, comme "de grosses lettres adressées aux amis"(4).


(1) Paul Ricoeur : 'Le Conflit des interprétations', Existence et Herméneutique, p. 8, éd. Seuil, Paris 1969.
(2) Ibid., Religion, athéisme, foi, p.433.
(3) E.Levinas : 'Quelques réflexions sur la religion de l’hitlérisme', p. 23, éd. Rivages, Paris 1997.
(4) Peter Sloterdijk : 'Règles pour le parc humain', p.7, éd. Mille et une nuits.

Thomas Yadan pour Evene.fr - Février 2006

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dimanche 26 février 2006

Cocooning...

"Avec les enfants, quoi qu’on fasse, on se trompe toujours."
MARIA MERCÈ ROCA

Que pensez-vous de cette nouvelle mise en page de mon blog ??

J'ai terminé de lire "Mlle de Maupin" de T. Gautier jusqu'à tard dans la nuit, je voulais le finir depuis le temps ! Je vais donc m'armer de courage et de patience pour lire maintenant "La montagne magique" de Thomas Mann, qui fait 800 pages ! Cela va me prendre environ un mois pour le lire...

Today = cocooning, lecture et bosser mes cours ! Tellement de choses à faire...Et la semaine prochaine, A. débarque à Paris donc je n'aurai pas le temps de bosser...

Anniversaire de naissance de Victor Hugo, né en 1802 (décédé en 1885).

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samedi 25 février 2006

Ecrire, une passion ?

Article paru dans "Soleil, vent, marais" (juin 2005)

Vous avez remarqué le point d’interrogation. Et il vous… interroge. Normal, c’est sa vocation. Et puisque le mot est lâché, l’écriture ne serait-elle pas plus une vocation qu’une passion ? Voilà qui m’obligerait à définir les deux termes, ce qui nous ferait quitter les eaux bien délimitées de la littérature pour celles, plus confuses, de la philosophie. Bon sujet pour le Bac : « Analysez à la lumière d’exemples précis, les différences entre la passion et la vocation ». Et là, on finit avec un fort mal de tête ! Ce qui nous rapprocherait de la réalité, puisqu’en vérité, l’écriture est une maladie.


« Si vous n’avez pas mal quelque part, inutile d’écrire. » Paul Morand

J’ai attrapé le virus très jeune, en lisant notamment les oeuvres de Sir Arthur Conan Doyle, un auteur quelque peu démodé, ce que je déplore. Parenthèse en forme de conseil : si vous ne voulez pas attraper cette maladie peu contagieuse mais pratiquement incurable, ne vous exposez surtout pas à la lecture. C’est son vecteur favori ! Bref, les premiers symptômes se sont manifestés vers l’âge de douze ans, au lycée, dans le parc de Royan. Là, je me suis mis à rêver des brumes londoniennes et des effroyables meurtres qu’elles dissimulent. Sherlock Holmes était mon héros ; je me suis mué en Docteur Watson. Élémentaire ! Et comme, en cette époque « pré-soixante-huitarde », j’appréciais aussi la BD balbutiante, je me suis rapproché d’un copain, excellent dessinateur. À moi les textes, à lui les images. Nos « œuvres » étaient publiées en un seul exemplaire — vous imaginez la valeur aujourd’hui si l’un de nous était devenu célèbre — qui circulait selon un plan très précis, auprès d’un lectorat trié sur le volet (de bois vert comme il se doit).
Après, c’est la banalité, comme pour n’importe quelle autre maladie… ça ne peut qu’empirer avec l’âge. Tous les prétextes deviennent alors bons pour céder un peu de terrain au mal qui vous ronge : correspondance, journal intime, articles imaginaires pour journaux inventés ; l’éventail des dérivatifs est large. Seule, la rédaction imposée par les systèmes scolaire, administratif ou professionnel m’inspirait peu : trop de barrières, trop de tabous, trop d’interdits. Quand on a goûté à la liberté absolue devant la feuille blanche, on accepte mal les contraintes même légères. On s’en accommode. Alors, on se rattrape le soir, la nuit, dans les heures blêmes et silencieuses, et on accouche de tout ce qu’on a pu accumuler dans la journée, bonheurs et malheurs, espoirs et déceptions, bonnes idées et pures conneries. Et après, on se sent beaucoup mieux ce qui autorise certains à prétendre que l’écriture ne serait pas une maladie mais une thérapie. Ils n’ont sans doute pas complètement tort, mais alors, c’est vraiment le traitement du mal par le mal…
Au moins une fois dans ma vie, j’ai utilisé les vertus curatives de cette maladie. Quand on m’a annoncé que j’avais un cancer, j’ai aussitôt réagi en me disant : « Super ! il m’arrive enfin un truc intéressant. Je vais pouvoir écrire sur le sujet, en connaissance de cause ». Alors, je me suis mis à observer. Seconde parenthèse : avec la lecture, l’autre vecteur de la maladie, c’est… le voyeurisme. J’ai donc tout observé : mes réactions physiques et mentales, l’attitude de mes proches, celle des inconnus, la relation avec le corps médical. J’ai tout noté, tout consigné, tout analysé, au jour le jour, en me disant que ces brouillons me serviraient à écrire un bouquin (forcément formidable !) sur le cancer. Et puis, un jour, je me suis estimé guéri, j’ai cessé d’observer et de prendre des notes ; l’envie d’écrire sur ce sujet m’a quitté. Il y en a des pleines pages, dans un coin de mon disque dur, mais je ne les utiliserai sans doute jamais. N’empêche, cette période fut heureuse et je n’ai pas l’impression qu’elle fut une perte de temps.

« On n'écrit pas parce qu'on a quelque chose à dire mais parce qu'on a envie de dire quelque chose. » Cioran

Bon, pour la maladie, je sens que vous admettez sans adhérer vraiment. Vous pensez sans doute que je tente de vous décourager de suivre cette voie. Erreur, ce serait d’ailleurs totalement inutile. Le virus choisit lui-même ses victimes, son heure et son endroit. Reste à savoir comment on peut alors s’organiser pour vivre avec. En ce qui me concerne, je n’ai pas envie de lui abandonner tous mes loisirs. Pour la simple raison que les symptômes les plus douloureux de cette maladie-là, ne peuvent se calmer qu’après plusieurs heures d’un traitement à base de travail. Tout au moins, n’ai-je pas trouvé d’autre remède. Alors, je réserve en général mes matinées à l’écriture, le temps consacré dépendant évidemment de l’envie, de l’inspiration, du matériau… et surtout du résultat espéré. S’il s’agit de l’écriture d’une nouvelle ou d’un article, je peux m’arrêter quand je fatigue ou quand le besoin de passer à une autre activité se fait sentir. Mais quand il s’agit d’un roman, il n’en va pas de même, c’est l’intrigue qui, en général, décide. Parfois un personnage, rarement l’auteur ! Comme disait un vieil écrivain quand il condescendait à me prodiguer quelques conseils : « On ne conduit pas une 2CV comme une Formule 1. » Et réciproquement.
Il subsiste bien entendu, entre ces deux formes d’expression, une différence fondamentale qui ne tient pas seulement à la longueur ou à la complexité du texte. Écrire une nouvelle me procure un plaisir immédiat et, à titre d’exemple, celles que j’ai regroupées sous le titre « Les contes de l’entreprise », ont été écrites en plusieurs années, au fil des événements ou des pensées qui les inspiraient. Au moment de la publication, je n’ai fait que choisir celles qui me semblaient les plus proches du thème, les harmoniser, les corriger, les actualiser… Entre deux romans, j’écris en général quelques articles ou quelques nouvelles. Le rythme de cette prose me repose.

« Polissez-le sans cesse, et le repolissez.
Ajoutez quelque fois, et souvent effacez. » Nicolas Boileau

Mais le véritable bonheur, pour moi, c’est l’écriture d’un roman, même s’il réclame une plus grande discipline. Pendant six mois (au moins), un an (au plus) je vis alors avec des personnages que j’ai créés, des hommes et des femmes qui m’obéissent au doigt et à l’œil. À la virgule près ! Même si parfois… certains (les meilleurs, forcément) m’échappent quelque peu. Car, en commençant un livre, je connais un peu mes personnages, assez bien le milieu dans lequel ils vont évoluer, pas trop mal le thème qu’ils vont me permettre d’aborder, mais absolument pas les événements auquel ils vont être confrontés. Pas de plan, pas de scénario ! Quand chaque matin, je m’installe devant mon Mac, je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais lui raconter. Je relis les derniers paragraphes écrits la veille — parfois un peu plus — et je démarre. Cette phase d’improvisation créatrice est la plus excitante du processus, mais malheureusement — et ce n’est pas une question d’âge — elle est aussi trop courte : quelques mois tout au plus.
Après vient le dur labeur des relectures et corrections multiples, de la mise en synergie des personnages, des lieux et des événements. C’est alors que le scénario s’élabore, et c’est ainsi qu’un chapitre écrit au début se retrouve parfois à la fin. La technique du copier/coller est un outil de création merveilleux ! Et je me demande parfois comment j’ai pu me « dépatouiller » avec un bouquin comme « La Gabiroute » que j’ai entièrement écrit à la main sur des feuilles volantes raturées des centaines de fois, avec des flèches et des renvois dans tous les sens. Je n’en serais sans doute plus capable aujourd’hui… On s’habitue au confort.
J’ai du mal à déterminer le nombre de relectures qu’impose cette méthode. Pas loin d’une centaine, sans doute. D’autant qu’il faut aussi relire le texte définitif pour le style, la syntaxe, l’orthographe. Plus on est pinailleur, plus on y passe du temps, mais plus on est alors crédible.
Voilà ma façon de procéder ; je ne prétends pas que c’est la seule. Encore moins que c’est la meilleure ! Je connais des écrivains qui s’y prennent d’une manière très différente, beaucoup plus méthodique. Et c’est vrai qu’un débutant aurait sans doute intérêt à suivre un plan rigoureux : il y perdrait en plaisir et en spontanéité mais y gagnerait en efficacité et sans doute, en cohérence. Quoiqu’il en soit, de même qu’une photo ne dépend pas du matériel utilisé pour la réaliser, le résultat final est guère influencé par la méthode suivie ; il l’est beaucoup plus par ce qu’il est convenu d’appeler le talent de l’auteur. Ou son absence…

« L’idée ne me vint pas qu’on pût écrire pour être lu. » Jean-Paul Sartre

Je dois reconnaître que très longtemps, je n’ai pas éprouvé le besoin de publier mes textes. Et je m’en portais fort bien ! Par contre, j’aimais les faire lire à ma famille, à quelques amis… Et un beau jour, j’ai cédé à ce que les politiciens appellent pudiquement (ou hypocritement) « d’amicales pressions ». Ce fut alors — et c’est toujours — une autre aventure : recherche d’un éditeur, étude de la maquette, de la couverture, du texte de présentation, préparation de la pub, contacts avec les médias, participation à des salons littéraires, séances de dédicaces, démarche des libraires… On est loin de l’écriture et certains — je ne donnerai pas de noms — se laissent si bien prendre à ces petits jeux égocentriques qu’ils en oublient… d’écrire. Dommage ! Il y a d’autant plus de pièges à éviter qu’une notoriété même des plus modestes amène toutes sortes de sollicitations tentantes.
Cette démarche peut donc sembler fastidieuse, inutile voire futile. Pourquoi ne pas se contenter d’écrire pour soi et pour ses proches ? Pourquoi vouloir partager ses textes les plus intimes avec des lecteurs inconnus ? Pourquoi se compliquer la vie à ce point ? Avant de me lancer dans la publication, je me posais ces questions car j’ignorais ce que l’on ressent quand on tient entre ses mains, son propre livre. Le fait de voir son labeur transformé en objet — surtout si cet objet n’est pas trop moche — procure un sentiment semblable à celui ressenti par l’artisan qui achève son chantier et en est légitimement satisfait.
Enfin, pour aller au bout de cette logique — et aussi parce que je n’avais pas su trouver l’éditeur adéquat — j’ai tenté récemment l’expérience de l’autoédition. Là, on se retrouve confronté à un tout autre « sport » qui implique de se taper toutes les démarches administratives et commerciales, chercher un imprimeur, suivre la fabrication, la distribution, tenir une petite comptabilité… et surtout, assumer le risque financier habituellement dévolu à l’éditeur. Le but étant de retrouver (au minimum) la mise de fonds initiale. Simple question de morale ! Il faut aussi se débrouiller tout seul pour la publicité, la communication… mais en ce domaine, je crois avoir conservé quelques notions. C’est dans cette optique que j’ai été amené à m’intéresser à Internet. J’y ai d’abord ouvert un site très basique que j’ai progressivement développé. C’est là que je vous invite à poursuivre votre lecture.


Jacques-Edmond Machefert
Breuillet le 27/04/2005

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Hans Bellmer à Pompidou

Le Centre Pompidou consacre une importante exposition à Hans Bellmer (1902– 1975), l'un des artistes majeurs du mouvement surréaliste. Artiste français d'origine allemande, Hans Bellmer a créé l'objet surréaliste par excellence, la Poupée (1934). Avec plus de 250 oeuvres (sculptures-objets, photographies, peintures et surtout dessins), cette exposition est centrée sur le concept de l'anatomie du désir qui est au coeur de la singulière création de l'artiste. Une oeuvre violente et subversive, à l'écriture digne des grands dessinateurs maniéristes.

L'exposition, la première en France à présenter une sélection aussi importante du travail de Bellmer, compte des sculptures-objets, des photographies, des peintures ainsi que des dessins et des carnets inédits. L'ambition majeure de la manifestation est d'explorer ces aspects moins connus de l'œuvre de Bellmer et de permettre au public de découvrir sa richesse.

Explorant le thème de l'« anatomie du désir », concept au cœur de la création de Bellmer, l'exposition rassemble des prêts exceptionnels issus de prestigieuses collections privées ainsi que de grandes institutions comme le MoMA qui prête La Mitrailleuse en état de grâce (1937).

A l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933, Hans Bellmer a arrêté tout travail socialement utile pour construire une poupée grandeur nature. Si elle constitue au départ un dispositif de rébellion contre toute autorité (politique, paternelle), la provocante Poupée devient l'instrument d'une toute autre ambition et d'une toute autre investigation : une réflexion inédite sur le corps, qui fait de l'objet fétiche de Bellmer la création de référence pour l'expression érotique contemporaine.

Cette créature artificielle aux multiples possibilités anatomiques qui, selon Bellmer, est capable de « rephysiologiser les vertiges de la passion jusqu'à inventer des désirs », va permettre de pousser toujours plus loin l'investigation de l'artiste d'une anatomie de l'inconscient physique. Cette entreprise ambitieuse traverse l'œuvre de Bellmer : depuis la prise de vue par l'appareil photographique jusqu'à l'expression graphique, qui va du dessin miniaturiste le plus confidentiel à l'épure agrandie quasi abstraite. Sa démarche peut être comprise comme la quête d'une forme vivante permettant de matérialiser l'image du désir et du fantasme.

D'un grand raffinement et pleins d'audace, les dessins de Bellmer retranscrivent les pulsions secrètes, les transferts des sens, les ambivalences du corps érotique. L'artiste montre ainsi les harmonies et la cruelle beauté de la mécanique du désir.

L'exposition souligne la pleine appartenance de Bellmer (qui quitte définitivement Berlin pour Paris en 1938) à la poétique et à l'imaginaire du Surréalisme, et analyse la singularité de cette œuvre violente, éminemment subversive dans le contexte des années 20-30. Incandescente et froide, comme celles de Sade et de Bataille, elle semble en réalité échapper à son temps. Son questionnement des principes d'identité la rend particulièrement proche de notre sensibilité contemporaine.

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Inquiétante exposition de Hans Bellmer au Centre Pompidou

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PARIS (AFP) - "Hans Bellmer - Anatomie du désir", exposition qui ouvre mercredi au Centre Georges Pompidou, retrace le parcours d'un artiste à l'imagination érotique obsessionnelle dont l'objet emblématique est une poupée sexuée de sa propre fabrication.

De Berlin qu'il fuit en 1938 à la France, où les surréalistes l'accueillent à bras ouverts et où il finira ses jours, l'artiste restera hanté par la recherche de l'expression graphique de "l'anatamie du désir" érotique.

Chez Bellmer (1902-1975), cela prend la forme unique de l'exploration du corps féminin. A Berlin, en 1933, il fabrique sa première poupée grandeur nature pour exprimer son refus du nazisme et affirmer sa propre subjectivité.

Il en fabriquera d'autres, toujours sexuées, démembrées, recomposées, expressions de tous les fantasmes. De la mise-en-scène des tortures qu'il leur inflige, il fera des photos. C'est ce pourquoi l'artiste allemand, devenu français, est connu.

Mais "Hans Bellmer est avant tout un dessinateur et il dessine la géographie interne du corps désiré, l'anatomie du désir avec une jouissance graphique", indique la commissaire de l'exposition, Agnès de La Beaumelle.

C'est l'objet de l'exposition avec quelque 250 oeuvres, surtout des dessins et quelques sculptures-objets grâce à des prêts exceptionnels de collections particulières, du MoMA de New York, et de la Tate Gallery de Londres.

D'entrée, la section "Les jeux de la poupée", qui n'ont rien d'innocent, installe le visiteur dans cette "étrangeté inquiétante" qui caractérise toute l'oeuvre de Bellmer: images violentes, cruelles et très actuelles.

Tout au long du parcours, les corps féminins sont démontés, désarticulés, mutilés, et monstrueusement réagencés pour être finalement ficelés et pénétrés. A la fin de sa vie, l'artiste dédiera un ensemble de gravures à Sade.

Ce "monstrueux dictionnaire" des pulsions secrètes est servi d'"une élégance classique du dessin dans la grande tradition allemande", estime la commissaire. Et en représentant par le dessin la bisexualité du corps humain, il interroge l'identité sexuelle, une problématique très contemporaine.

( Hans Bellmer - Anatomie du désir, 1er mars-22 mai, Centre Pompidou, tous les jours sauf le mardi, de 11H00 à 21H00, tarif 10 euros.

Un ouvrage collectif au titre homonyme accompagne l'exposition, Gallimard, 264 pages, 39,90 euros, ainsi qu'un colloque le samedi 25 mars, de 15H00 à 19H00)

Posté par faust7556 à 15:00 - Art - Commentaires [4] - Permalien [#]

"Toute accession à une haute fonction emprunte un escalier tortueux."
FRANCIS BACON

De nouvelles photos dans l'album "Paris"...à voir !

Today = grand ménage et bosser cours +++

Posté par faust7556 à 01:37 - Divers / Perso - Commentaires [0] - Permalien [#]
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