vendredi 3 mars 2006
Hell
INTERVIEW DE SARA FORESTIER
"J'étais Hulk pendant le tournage !"
Sara Forestier incarne Hell dans le film de Bruno Chiche adapté du roman éponyme de Lolita Pille. Et c'est bien simple, dans ce film, en dehors du très joli Nicolas Duvauchelle avec qui elle partage l'affiche et d'une BO bien sentie, on ne voit qu'elle.
Sara Forestier n'a même pas vingt ans. Il est donc plutôt normal, quand elle entre dans un bar, qu'elle copine avec la serveuse et qu'elle remarque que la musique qui passe, c'est 'Hung up', comme la sonnerie du portable de son père. Mais qu'elle dise que non, son parcours n'a pas été rapide, que non, partir aux Etats-Unis tourner un film en anglais ce n'est pas une épreuve et que oui, elle envisage de réaliser un long métrage, c'est nettement moins attendu. Rencontre avec un césar du meilleur espoir féminin 2005 (pour 'L'Esquive', d'Abdellatif Kechiche) qui tient ses promesses.
Quand je suis arrivée tu venais de te faire aborder par quelqu'un d'une agence de mannequins, ça t'arrive souvent ?
C'est la première fois qu'on me fait ça, c'est bizarre... On commence à me reconnaître un peu plus. Ce n'est pas sauvage, je n'ai pas de problème avec ça, les gens sont gentils. Juste après les César par exemple, dans la rue un mec m'a interpellée et m'a dit "Oh les César !" (elle hurle), et là je me suis dit "ah c'est vrai que c'est une émission vachement regardée, plein de gens ont vu ma frimousse !"
C'est arrivé vite, non ?
J'ai commencé en 1998. On est en 2006, ça fait huit ans. J'appelle pas ça "rapide". Bon, en même temps, il y a un moment où ça décolle et ça s'accélère. Pour moi ça a été quand
'L'Esquive' est sorti en 2004. Ou même en 2003 : c'était la rentrée et je suis pas allée à l'école. J'ai arrêté l'école parce que j'ai décidé que la comédie ça serait mon métier et que j'allais me consacrer à ça. En même temps ça n'a pas été si facile. Pour 'L'Esquive', je suis passée par le casting. Ça faisait un moment que je courais les castings et j'ai dû faire plusieurs essais. En plus je n'ai pas su tout de suite que j'allais avoir le rôle de Lydia. On ne peut pas dire que c'était du tout cuit !
C'est une carte de visite, 'L'Esquive' ?
C'est un beau travail et j'en suis fière. Alors quand tu es content de quelque chose que tu as fait et que les gens te disent que c'est bien, tant mieux. Moi j'étais pas mécontente de ce film-là, et Bruno Chiche l'a vu et il a beaucoup aimé. Alors quand il m'a donné le scénario de 'Hell', je l'ai lu. Mais je suis passée par le casting, comme les autres. Il y avait six cents filles. Ensuite Bruno m'a appelée et m'a dit que c'était moi. J'étais très très très contente car j'avais adoré le scénario, il m'avait beaucoup touchée.
Tu es tout le temps à l'écran dans 'Hell', c'était un tournage difficile ?
C'était très physique. Hell est un personnage qui est tout le temps dans les émotions fortes, il y a une tension constante. C'était éprouvant parce que c'était un travail difficile, surtout que le personnage était totalement à l'opposé de moi. Même si composer, j'adore ça. Et on a beaucoup tourné de nuit, j'étais sur tous les plans, c'était des longues nuits. Donc c'était beaucoup de travail pour le jeu, et aussi pour les horaires de fou qu'on faisait. Physiquement c'était dur. Non, ce n'était pas un tournage très facile à vivre. Mais on a mis tellement d'énergie que bon... je n'ai pas senti la fatigue. J'étais Hulk pendant le tournage, j'étais à fond. Et j'aime beaucoup le résultat. Nico (Nicolas Duvauchelle) il a vraiment une classe imbattable ! Il est très touchant, j'ai beaucoup aimé travailler avec lui.
On peut dire que c'est vous deux qui faites le film, il n'y a pour ainsi dire pas d'autres acteurs...
Contrairement au livre, le film est vraiment recentré sur l'histoire d'amour. Ça donne une dimension supplémentaire. C'est une histoire d'amour comme on en voit rarement de nos jours, une sorte de Roméo et Juliette des temps modernes, une vraie tragédie amoureuse. Moi c'est la première fois que je vois ça. Et surtout, pour moi ce film ce n'est pas un film sur la jeunesse dorée. C'est un film qui, à travers les yeux de la jeunesse dorée, dépeint la jeunesse d'aujourd'hui. Pour moi, 'Hell' parle de la société d'aujourd'hui qui nous vend le rêve matérialiste. Cette société qui nous dit que pour être heureux il faut que tu sois riche, que pour être quelqu'un il faut que tu sois beau et que tu sois avec des belles filles. C'est une histoire qui concerne tout le monde, car ce rêve on le donne à tout le monde, même à ceux qui n'en ont pas les moyens. On privilégie tout ce qui est matériel. Mon personnage 'Hell', elle se retourne et elle se dit : "Qu'est-ce que mes parents m'ont laissé comme valeurs pour me construire comme adulte ?" Et elle trouve rien, alors elle cherche, mais elle a rien d'autre que le milieu superficiel auquel elle appartient. Ce qui est beau, c'est sa quête.
Un rôle de gamine des banlieues dans 'L'Esquive' et un de pétasse pleine aux as dans 'Hell', tu cherches à brouiller les pistes ?
Mais non, je suis comédienne ! Je suis moi, j'ai ma personnalité en dehors de ça, et c'est mon travail que je cherche à partager avec le public. Le fait que je fasse deux films avec des personnages très différents, j'espère que ça me donnera une image de comédienne qui cherche à varier ses expériences professionnelles.
C'est à ça que tu aspires ?
Non, moi mon seul objectif c'est d'appartenir à des films que je trouve importants et que je veux partager avec des gens.
Tu fais du cinéma pour communiquer ?
Oui ! Quand Jeremy Irons a eu un césar d'honneur, il a dit "C'est une conversation", sans le public on est rien, et c'est exactement ça. Moi je veux partager des messages avec le public, dire des choses que le public me renvoie.
Tu pars bientôt aux Etats-Unis, tu vas transmettre ton message en anglais ?
Normalement je pars pour avril et mai, pour tourner un film, un conte, une histoire que tout le monde connaît, avec un peu de magie. Et pour l'anglais, j'ai pris un coach. Je vais m'y remettre plus après la sortie de 'Hell'. Mais quand j'ai joué dans 'Le Parfum', où j'ai une toute petite apparition, j'ai vu que je pouvais me faire diriger en anglais sans problème, ça s'est très bien passé. J'ai vu que je pouvais complètement me faire comprendre du réalisateur et le comprendre aussi dans une langue étrangère. Il faut les surmonter, les barrières. Je vais continuer à prendre des cours, je veux m'améliorer.
Et passer de l'autre côté de la caméra...
J'ai fait un court métrage l'année dernière et j'en ai fait un autre cette année, je vais le monter. Réaliser c'est quelque chose que j'adore. Je vais finir ce court métrage et ensuite je verrai si je me lance dans un long…
Propos recueillis par Emilie Valentin pour Evene.fr - Mars 2006
Marguerite Duras
Aujourd'hui, 10ème anniversaire de mort de M. Duras.
Photos de la tombe de Marguerite Duras (1914-1996) au Cimetière Montparnasse.
"Très vite dans ma vie il a été trop tard, à 18 ans il était déjà trop tard. Entre 18 et 25 ans, mon visage est parti dans une direction imprévue. A 18 ans, j'ai vieilli. Je ne sais pas si c'est tout le monde, je n'ai jamais demandé. Il me semble qu'on m'a parlé de cette poussée du temps qui vous frappe quelquefois alors qu'on traverse les âges les plus jeunes, les plus célébrés dela vie. Ce vieillissement a été brutal. (...) J'ai un visage détruit."
extrait du début de "L'amant"
"Malheur aux détails, la postérité les néglige tous."
VOLTAIRE
The Cranberries
“When you're gone”
"To the faithfull departed [#3]"
Hold on to love that is what I do now that I've found you
And from above everything's stinking, they're not around you.
And in the night, I could be helpless,
I could be lonely, sleeping without you.
And in the day, everything's complex,
There's nothing simple, when I'm not around you.
But I'll miss you when you're gone, that is what I do. Hey, baby !
And it's going to carry on, that is what I do. Hey, baby...
Hold on to my hands, I feel I'm sinking, sinking without you.
And to my mind, everything's stinking, stinking without you.
And in the night, I could be helpless,
I could be lonely, sleeping without you.
And in the day, everything's complex,
There's nothing simple, when I'm not around you.
But I'll miss you when you're gone, that is what I do. Hey, baby !
And it's going to carry on, that is what I do. hey, baby...
Soirée DVD, film "Beautés empoisonnées" ! L'air de Paris rend malade Abigail ! lol ! On écoute en boucle l'album "The Cranberries" !








