mercredi 8 mars 2006
CPE nouvel épisode !
Gilles de Robien juge "inadmissible" le blocage d'universités
PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien juge "inadmissible" le blocage d'universités par des étudiants qui protestent contre le contrat première embauche (CPE).
"Il va y avoir des examens bientôt et donc il est inadmissible d'occuper et de bloquer des universités", a-t-il dit sur Europe 1. "Je m'élève vraiment contre les occupations, contre les blocages des universités, qui mettent en danger la sécurité des étudiants, qui les empêchent d'étudier."
Au soir d'une journée de manifestations contre le CPE, l'Unef a lancé mardi un appel à la grève dans toutes les universités françaises.
Pour François Chérèque (CFDT), Villepin est "dans l'impasse"
Selon le syndicat étudiant, 22 universités sur 88 étaient en grève mardi soir.
Gilles de Robien a déclaré compter "sur la responsabilité de tous et de tous ceux qui se soucient vraiment de l'avenir de la jeunesse pour ne pas interrompre les études".
"Les agissements qui sont irréguliers, voire violents, les perturbations, ne sont pas de nature à convaincre qui que ce soit. Il faut laisser travailler ceux qui veulent travailler", a-t-il ajouté. "Ceux qui veulent manifester, qui veulent aller dans la rue, ont l'espace public pour cela."
Le CPE est un nouveau contrat de travail réservé aux moins de 26 ans. Il est assorti de la possibilité de licencier sans justification pendant les deux premières années.
PARIS (Reuters) - Le secrétaire général de la CFDT juge le Premier ministre dans une "impasse", à cause de son refus de renoncer au contrat première embauche, et souhaite une nouvelle manifestation contre le CPE "dans les 15 jours".
"Politiquement (Dominique de Villepin) s'est mis dans une impasse et il s'est mis dans cette impasse tout seul", a déclaré sur LCI François Chérèque, qui lui reproche de ne pas avoir tenu compte des propositions des syndicats.
"Le Premier ministre a refusé de les étudier. Il faut qu'il y revienne, il n'a pas d'autres choix", a-t-il ajouté. "Pourquoi le Premier ministre s'entête tout seul dans son coin ? Il commence à être désavoué par la rue, il est désavoué par les sondages, son camp politique (est) en train de douter de lui."
Pour François Chérèque, Dominique de Villepin doit faire un "un geste de bonne volonté" : "Qu'il suspende son projet", faute de quoi il prendrait le risque de "dérapages".
"Ça peut être des dérapages dans les urnes avec des personnes qui se détournent encore une fois de la politique (...) ou des manifestations qui deviennent de plus en plus importantes et une pression sur le Premier ministre qui lui deviendra insupportable", a-t-il expliqué.
Le CPE, réservé aux moins de 26 ans, est assorti d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle l'employeur peut licencier un salarié sans avoir à le justifier.
Près de 400.000 personnes selon la police, un million selon les syndicats, ont manifesté mardi dans toute la France contre ce nouveau contrat de travail. Dominique de Villepin est pour sa part resté ferme dans sa volonté de mettre en oeuvre le CPE, dont il espère une diminution du chômage des jeunes.
Syndicats, opposition et organisations étudiantes et lycéennes estiment que le CPE accroît la précarité de l'emploi.
NOUVELLE MANIFESTATION DANS LES 15 JOURS
"On est sur un problème de société et c'est pour ça que la réaction est aussi importante", a souligné François Chérèque. "Tous les jeunes s'identifient à ce contrat et tous les parents identifient leurs jeunes sous ce contrat."
Il a jugé "ridicule" le débat sur le nombre de manifestants. Les militants de la CFDT en ont compté 100.000 à Paris. "Ce qui veut dire que c'est la plus grosse manifestation qu'on ait eu à Paris depuis deux ans", a-t-il souligné.
Les organisations syndicales ont prévu de se rencontrer jeudi dans les locaux de la CFDT pour étudier la suite.
"Le Premier ministre ne nous laisse qu'une seule solution puisqu'il ne va pas encore dans le dialogue", a dit François Chérèque. "On va proposer une nouvelle manifestation."
La CFDT préfèrerait que cette manifestation soit organisée un samedi - "On ne peut pas demander aux salariés de perdre une journée de travail toutes les semaines (...) mais aussi (...) il nous semble que face à un problème comme cela il faut que toute la société se mobilise", a expliqué son dirigeant.
Le secrétaire général de la CFDT a souhaité que la prochaine manifestation ait lieu "dans les 15 jours qui viennent".
"On ne peut pas attendre un mois comme on a fait entre les deux dernières manifestations", a-t-il expliqué. "Il faut sortir rapidement de ce problème-là. Donc il faut que la manifestation arrive vite."
Il s'est en revanche prononcé contre le blocage des universités, auquel appelle le syndicat étudiant Unef.
"Il y a un nombre important d'étudiants qui sont contre ce CPE mais qui veulent continuer leurs études", a-t-il dit. "Dans les grèves, chacun peut se déterminer individuellement mais l'important c'est qu'il y ait une liberté d'accès pour les jeunes qui veulent étudier."











