- Les Chroniques de Faust -

"Je est un autre." Rimbaud

samedi 11 mars 2006

Le ton se durcit après l'évacuation de la Sorbonne

GILLES DE ROBIEN CONSTATE LES DÉGÂTS À LA SORBONNE

PARIS (Reuters) - Le ton s'est durci entre le gouvernement et les opposants au contrat première embauche (CPE) après l'évacuation de l'université de la Sorbonne par les forces de l'ordre.

Le Premier ministre va tenter de reprendre la main dimanche soir à la télévision, avant une semaine où syndicats et étudiants joueront leur va-tout pour obtenir le retrait de ce contrat de travail dérogatoire réservé aux jeunes.

LA SORBONNE ÉVACUÉE PAR LES FORCES DE L'ORDRE

Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et rival de Dominique de Villepin pour la présidentielle de 2007, a écourté une visite aux Antilles pour gérer la crise des universités.

Dans l'immédiat, son collègue de l'Education a affiché sa fermeté après deux jours d'occupation de la Sorbonne, une situation inédite depuis mai 1968.

LES CRS ÉVACUENT LA SORBONNE

Gilles de Robien, sur France Info, s'est élevé contre des "casseurs" ne représentant, selon lui, qu'une "infime minorité" d'étudiants qui ont pris "le tournant de la violence".

Ces propos ont suscité une vive réaction de l'Unef, premier syndicat d'étudiants. Son président a parlé d'une "provocation" et dénoncé une "tentative de manipulation de la vérité".

"Nous avons l'impression que le gouvernement a décidé de répondre à la mobilisation étudiante par la matraque et la répression", a dit Bruno Julliard. "S'il veut continuer à utiliser la force, nous allons vers de graves affrontements."

La FSU s'est "demandé si le gouvernement, en difficulté face au rejet massif du CPE par les jeunes et les salariés, ne cherche pas à jouer la provocation et à tenter la criminalisation du mouvement étudiant".

A la Sorbonne dans l'après-midi, pour constater les dégâts, Gilles de Robien n'en a pas moins réaffirmé : "Voilà ce qui arrive quand on appelle à l'agitation."

"Celles et ceux qui ont appelé au mouvement et qui ne voulaient pas de dérapage doivent prendre conscience que maintenant ils seront responsables s'il y a de nouveaux dérapages", a-t-il dit en exhibant des livres anciens déchirés.

Des ordinateurs, des tables, des chaises ont été jetés par les fenêtres, des portes dégondées. Selon le rectorat de Paris, des bureaux ont été saccagés à l'Ecole des Chartes.

"RISQUE DE CONFLIT"

"Ils ont fait un grand feu dans la cour d'honneur de la Sorbonne et des livres d'une valeur inestimable ont apparemment servi de combustible", a déclaré à Reuters le directeur de cabinet du recteur, Nicolas Boudot.

Les CRS sont intervenus au milieu de la nuit pour déloger quelque 200 personnes, qui s'étaient introduites de force dans la Sorbonne une douzaine d'heures auparavant pour soutenir une soixantaine de manifestants déjà sur place depuis mercredi.

Onze personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police. Deux autres, un photographe et un manifestant, ont été blessées, ainsi qu'une trentaine de policiers. Dans la foulée, quelques groupes ont tenté de continuer à manifester aux abords de l'université, avant d'être dispersés par les CRS.

Samedi après-midi, quelques dizaines de personnes se sont retrouvées à nouveau sur le parvis de la Sorbonne mais le rassemblement a tourné court.

En province, les occupations se sont poursuivies dans plusieurs facultés. Deux autres présidents d'université, à Toulouse et Nanterre, ont rejoint celui de Nantes pour demander à Dominique de Villepin de surseoir au CPE.

Réunis à l'université de Poitiers (Vienne), 300 délégués d'une quarantaine d'universités et instituts universitaires de technologie (IUT) ont décidé de poursuivre leur mobilisation.

"Après l'évacuation de vendredi, lundi on revote et on recommence l'occupation", a assuré un délégué de la Sorbonne.

"Il y a aujourd'hui un risque de conflit qu'il faut que le gouvernement comprenne", a pour sa part commenté le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande.

La gauche, les syndicats et les principales organisations lycéennes et étudiantes appellent à de nouvelles journées d'action, jeudi et samedi prochains.

Très fragilisé, dix mois après son arrivée à Matignon en juin, Dominique de Villepin va tenter une contre-offensive dimanche soir, sur TF1. Jusqu'ici, il s'est refusé à aménager le CPE et s'est juste montré prêt à compléter son dispositif.

Pour désamorcer la crise, il devra politiquement s'appuyer sur le soutien que lui a apporté Nicolas Sarkozy.

Le président de l'UMP, sans rappeler publiquement à l'ordre ceux de la majorité qui ont exprimé des doutes sur la stratégie de Matignon, se refuse à capitaliser sur l'affaiblissement de son rival.

"Je ne veux pas régler des comptes, je veux gagner" en 2007, a-t-il confié aux Antilles.

Posté par faust7556 à 22:54 - Fac - Commentaires [0] - Permalien [#]

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