mercredi 22 mars 2006
Faust
Livre : La Société des Hommes Célestes de Roberto Gac
« L’analyse d’un intertexte implique un travail très sérieux » (p. 399)
Ecrit en français par l’écrivain chilien Roberto Gac, La Société des Hommes Célestes est sous-titré « Un Faust latino-américain ». Et nous donnons volontiers la note maximale de 21/21 à l’auteur pour son formidable exercice de « Faustologie », qui est peut-être avant tout un exercice de style révolutionnaire.
Partant des textes fondateurs de Faust (le conte populaire du 16ème siècle, les versions littéraires de Marlowe, Lenau, Goethe, Valery, Boulgakov, Thomas Mann, Pessoa, Butor, etc. et les versions musicales de Gounod, Berlioz, Wagner et Liszt), Roberto Gac propose au lecteur une forme d’œuvre nouvelle : l’intertexte, qui dérive de tous ces romans à la fois. L'oeuvre tisse alors sa toile dans l'intertextuel ; elle est ouverte et en mouvement.
Né au Chili, Faust perd son père à l’âge de cinq ans et se retrouve affublé d’un beau-père aussi terrible que le fameux Général Aupick qui put jadis « pourrir » la vie de Charles Baudelaire. Heureusement, les forces créatives du garçon survivent à plusieurs années de pensionnat chez les jésuites, et à la Fac de médecine qu’il rejoint, contraint et forcé, à l’âge de seize ans. Il s’échappe par l’étude de la philosophie et par la rencontre des femmes, Marga, Margot, Maggie, Gretchen, presque toutes dérivées du personnage féminin de Marguerite introduit par Goethe dans la légende faustienne. La dernière, Margaret, est la plus dangereuse, car c’est une espionne à la solde de l’énigmatique « Société des Hommes Célestes ». Cette « Société des Hommes Célestes » est-elle le fruit du délire paranoïaque de Faust ou une dangereuse secte qu’il faut combattre ? C’est ce mystère que la psychanalyse poursuivie par Faust permettra peut-être de percer. Et elle délivrera, par la même occasion, l’écriture et la Guérison. La fiction interpelle ; il y a fort à parier qu’une fois arrivé au bout le lecteur paresseux, qui a pris l’intertexte pour un roman, se sentira frustré – au point d’ailleurs de devoir tout reprendre et de rejouer le jeu errant et formateur, ce slalom entre les réferences et le texte, qui lui est demandé. Car, comme l’acte de penser, lire « en profondeur », « c’est sentir le mystère qui se disperse et voir chaque pensée s’enfuir en millions d’éclats incompréhensibles » (p. 243). Cette activité demande beaucoup d’attention, la concentration joueuse et joyeuse du lecteur menant au savoir, selon un chemin qu’il se trace lui-même dans l’intertexte et qui devient le sien, son propre chemin dans l’écriture littéraire.
La Société des Hommes Célestes, (Ed. Sens Public), 25 euros. Disponible encore aujourd'hui parmi les grands auteurs francophones dans la Pavillond'honneur du Salon du Livre, Porte de Versailles (Hall 1), Paris 15 è.
"L’être humain a besoin d’inscrire le moindre de ses gestes dans un devenir afin de ne pas sombrer dans le désespoir."
RAJAE BENCHEMSI
Il pleut sur Paris... Beaucoup de travail...
La fréquentation du Salon du livre de Paris en hausse de plus de 5%
PARIS (AFP) - La fréquentation du Salon du livre de Paris a enregistré une légère hausse de 5,4% par rapport à l'édition 2005, avec un chiffre d'affaires également en hausse pour les éditeurs présents, a annoncé mercredi le président du Syndicat national de l'édition (SNE), Serge Eyrolles.
"Globalement, nous enregistrons une augmentation de 5,43%, ce qui nous conforte dans l'idée que le livre garde bien toute sa place dans l'ensemble des biens culturels", a indiqué M. Eyrolles, qui préside le salon, au cours d'un point de presse pour dresser le bilan de la manifestation.
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Quelque 174.000 personnes ont visité le salon (17-22 mars), dont l'invité d'honneur était la francophonie, contre 165.000 l'année précédente, avec une affluence record le dimanche, a-t-il indiqué. L'an dernier, la fréquentation avait été en baisse de plus de 10% par rapport à 2004.
54.000 visiteurs ont payé cette année leur ticket d'entrée, les autres se répartissant entre invités, scolaires ou professionnels. Seule la fréquentation des scolaires et des professionnels (-3%) est en légère baisse.
Selon M. Eyrolles, le chiffre d'affaire des éditeurs présents sur le salon est également en hausse par rapport à 2005. "Non seulement nous avons eu des visiteurs, mais nous avons aussi eu des ventes", a-t-il souligné.
La hausse a été de 10% pour Gallimard, jusqu'à 50% pour les éditions P.O.L, a-t-il indiqué, avec une forte progression pour le secteur Bande-dessinée.
"On nous avait annoncé qu'en 2005, le livre allait mal. Il a connu une année pas si mauvaise que ça, assez stable. L'évolution de notre chiffre d'affaires pour 2005 sera positive", a souligné Serge Eyrolles.
Alors que les organisateurs redoutaient des répercussions des conflits sociaux sur le déroulement du salon, le seul incident a été un énièmme entartage de Bernard-Henri Lévy samedi au cours d'une séance de dédicace.
Les organisateurs ont également noté un rajeunissement du public, avec une "augmentation significative" de la tranche des 30/40 ans.
L'hommage aux littératures francophones s'est enfin révélé porteur, avec plus de 100 heures de débats en six jours et une forte affluence à de nombreuses rencontres.
Le choix de l'invité d'honneur de l'édition 2007, qui se tiendra encore Porte de Versailles, n'a pas été arrêté, a indiqué le président du SNE, les discussions n'ayant pas abouti.
Salon du Livre 2ème partie
Voici quelques photos prises le mardi 21, lors de la nocturne au salon du livre (cliquez dessus pour les agrandir) :
Sempé, Michel Quint, Yann Quéffelec, Michèle Alliot-Marie, Jacques Duquesne, Christine Orban, Jacques Attali, Laure Adler, Lionel Jospin, Philippe Sollers, Bernard Pivot, Michel Serres, Yves Duteil, Régine Desforges, et encore Amélie Nothomb, Bernard Werber, François Weyergans, etc... et à ma grande surprise de nouveau PPDA qui est arrivé vers 21h après son JT, mais bon cette fois-ci j'ai pris peu de photos, de peur qu'il ne me reconnaisse et qu'il se dise 'Encore celle-là !" !!! lol !
J'aime ce genre de salon, on parle avec des inconnus en attendant des écrivains, il y a des sourires, des regards, il y a une ambiance que l'on ne retrouve nulle part ailleurs...Certaines personnes critiquent les politiques présents dans les "couloirs" du salon, quelques injures...
A 22h (heure de fermeture du salon), je prends le métro, beaucoup de monde, un musicien joue de l'harmonica dans le couloir du métro, une mélodie douce, ce qui me rend mélancolique et je me dis alors que moi aussi, un jour, je dédicacerai des livres et je serai écrivain !
J'ai déjà hâte au salon de l'année prochaine, serai-je la reporter enjouée, l'auteur(e ?) demandée ou l'inconnue délaissée ??!!







































