samedi 25 mars 2006
Charles Aznavour
"Je n'attendais que toi"
Je n'attendais que toi
Moi cigale en amour
Le coeur à la dérive
Aimant au jour le jour
Je ne m'enchaînait pas
Rêvant que tu arrives
Je n'attendais que toi
Pour fleurir tes saisons
De phrases éternelles
Et dans un tourbillon
Te dire mille fois
Que tu es la plus belle
Viens te serrer très fort
Blottie entre mes bras
Tu seras sur mon corps
Comme un noyau qui craque
Au printemps découvert
Mes rires en éclats
Résonneront dans l'air
Comme un drapeau qui claque
Je n'attendais que toi
En cherchant dans l'espoir
La force de survivre
Quand mon coeur était noir
Que mon âme avait froid
Pour commencer à vivre
Je n'attendais que toi
Je n'attendais que toi
Moi rêvant d'absolu
De choses impossibles
Sortant de l'inconnu
Pour devenir ton roi
Puissant et invincible
Je n'attendais que toi
Quand tu es arrivée
Tu n'as eu qu'a me sourire
Tout s'est illuminé
Et j'ai connu la joie
D'aimer comme on respire
Viens, lavons-nous d'hier
Par mon coeur sur ton coeur
Mes lèvres sur ta chair
Et mes mains sur tes hanches
J'entrerais dans ta vie
Une tendre douleur
Fera jaillir tes cris
Aux creux de nos nuits blanches
Je n'attendais que toi
Espérant jour et nuit
Puiser des joies nouvelles
Aux sources de la vie
Pour trouver dans tes bras
La jeunesse éternelle
Je n'attendais que toi
Je n'attendais que toi
Je n'attendais que toi
Je n'attendais que toi
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Crainte de l'avenir ?
Editorial du « Ouest-France »
par François Régis Hutin
Crainte de l'avenir ?
Comment a-t-on pu en arriver là ? Telle est la question que tout le monde se pose. La France est en ébullition, en partie du moins. Sa jeunesse, mais pas toute loin de là, s'agite, barre les routes, les voies, gesticule et crie. Des pêcheurs en eau trouble lui emboîtent le pas, transforment la revendication en chahut, puis en simili-émeute. Des éléments raisonnables sont peu à peu écartés par des individus moins recommandables comme ceux, par exemple, qui ont envahi, à Paris, l'École des hautes études en sciences sociales, volé des ordinateurs, en criant comme le rapporte le journal Le Monde : « À mort la démocratie ! »
Tout cela donne à penser sur les dérives possibles de cette agitation provoquée en partie par le manque de dialogue d'un gouvernement qui s'était pourtant engagé à ne pas réformer le Code du travail sans en avoir discuté avec les syndicats, conformément à la loi qu'il avait fait voter sur ce point. On se demande d'ailleurs quelle urgence poussait à agir si précipitamment, à recourir à l'article 49-3 lors du vote au Parlement. On se demande pourquoi le Premier ministre s'est avancé en coupant les ponts derrière lui... C'est peut-être brave, mais bien téméraire...
Le feu a pris très vite parce qu'il y a du bois à brûler : l'inquiétude latente des jeunes qui craignent un avenir bouché, l'inquiétude des parents qui ne voient pas, non plus, d'avenir clair pour leurs enfants, une Éducation nationale qui ne prépare pas les jeunes à la vie et délivre des diplômes - c'est son rôle - plus que des formations qui seraient clés et moyens de comprendre la vie et d'y entrer. C'est pourtant ce qu'en attendent beaucoup de jeunes et de parents. Or, durant ces années, parfois nombreuses, passées à la faculté dans une ambiance plus ou moins abritée, on se fait une idée du monde qui n'est pas celle de la réalité et les désillusions surgissent. Il faut compter aussi avec les peurs, les déceptions des jeunes des banlieues souvent laissés-pour-compte qui, de loin en loin, se mettent en colère et se rappellent ainsi au bon souvenir de ceux qui les oublient trop facilement.
La loi et la rue
À tout cela s'ajoutent quelques dérives bien françaises que l'on ne manque pas de souligner à l'étranger.
Ainsi, un journal lituanien s'amuse de notre passion pour faire des lois : aucun pays au monde n'en a autant et les Français ne s'y retrouvent pas. Il souligne une pratique, selon lui, unique au monde : la loi porte le nom de celui qui l'a déposée. Si elle est adoptée, son auteur passe donc à la postérité... Mais surtout les Français croient que la loi est le moyen le plus approprié pour faire changer la vie des gens. Ce journaliste précise que le Parlement n'est pas toujours maître de la loi. Celle-ci doit parfois passer par la rue que cet auteur appelle une « Assemblée nationale supplémentaire ». Mais alors, la loi qui s'y retrouve transportée reste bloquée des semaines et aucune n'en ressort, si bien que l'homme politique auteur de la loi, au lieu de devenir immortel comme les auteurs d'une loi adoptée, devient « un homme politiquement mort ». De plus, comme chaque citoyen s'estime compétent pour juger de la qualité de la loi et qu'ils sont « plusieurs centaines de milliers à se réunir dans cette Assemblée de la rue », les lois n'ont aucune chance de passer, « non parce qu'il y aurait un million de différentes opinions, car, en général, il n'y en a qu'une : celle qui est contre, impulsée habilement par les chantres professionnels et d'autres troubadours de la contestation sociale ».
Tout le monde ne se contente pas de décrire avec humour nos travers législatifs. Le plus souvent à l'étranger, actuellement, on s'étonne et l'on s'inquiète de notre rigidité, de notre capacité à refuser les évolutions, en un mot de notre conservatisme : les Français, lit-on un peu partout, ont peur du changement. C'est ce qui les empêche d'envisager l'avenir, mais que devient un peuple qui craint l'avenir ?
"Ni l’ignorance n’est défaut d’esprit, ni le savoir n’est preuve de génie."
VAUVENARGUES
J'ai lu dans la soirée en quelques heures "Le Grenier" de Claire Castillon. J'aime bien le style, les mots crus, inopinés et la comparaison de son être avec un grenier...donc je me pencherai sur ses autres livres.
Pluie +++ donc cocooning !












