jeudi 30 mars 2006
L'université, nouvelle banlieue
L'Express du 30/03/2006
La chronique de Jacques Attali
L'université, nouvelle banlieue
Le principal échec de la méritocratie française? L'impossibilité pour la majorité des enfants de notre pays de s'épanouir.
Dans l'esprit du gouvernement, le CPE visait à faciliter l'embauche des jeunes sans diplôme. Or les premiers à manifester contre la mesure furent les étudiants. Le fait qu'ils se soient immédiatement considérés comme les victimes de cette régression du droit du travail est révélateur: ils se sentent, comme les jeunes des banlieues, menacés de marginalisation. Et, effectivement, les manifestations des uns et des autres, en apparence sans rapport, en automne puis à la fin de l'hiver, constituent la rencontre explosive de deux jeunesses en colère.
Si les jeunes des banlieues sont évidemment dans une situation globalement plus difficile que les étudiants des facultés, en général issus des classes moyennes, les uns et les autres se vivent dans des marginalités étonnamment similaires. Les banlieusards se sentent séparés par un mur invisible de la ville et de ses lumières, à la fois proches et inaccessibles. Les étudiants se sentent devant le même mur invisible lorsqu'il s'agit de briguer des postes convoités par des élèves des grandes écoles, majoritairement enfants des classes supérieures. Et les uns et les autres furent, dans leurs protestations, débordés par des casseurs apportant à cette marginalité des réponses autodestructrices consistant à démolir leur cadre de vie ou à saccager leurs lieux d'étude.
Ces deux jeunesses en colère incarnent le principal échec de la méritocratie française: l'impossibilité pour la majorité des enfants de notre pays de s'épanouir. Naturellement, le pire est pour ceux qui cumulent ces deux marginalités, jeunes des banlieues ayant réussi à financer leurs études, mais sans avenir à la hauteur de leur talent. Et, en France, la révolution éclate toujours quand une jeunesse enthousiaste se sent exclue à vie des beaux quartiers.
Pourtant, ces jeunes-là ne sont pas des révolutionnaires: ils croient à l'économie de marché et à la démocratie; ils ne demandent que les moyens de s'y intégrer. Il est urgent de les leur fournir. Pour les jeunes des banlieues, cela passera par une reconnaissance de leur droit au respect, par le financement bancaire de leurs projets d'entreprise et par une discrimination positive provisoire, qui leur facilitera l'accès aux emplois et aux charges publics. Pour les étudiants des universités, cela supposera des accès privilégiés vers les grandes écoles et des améliorations massives de leurs conditions d'étude, de transport et de logement, qui devront s'aligner sur celles des établissements d'excellence.
La France serait la principale bénéficiaire de ces réformes: dans le cadre d'une mondialisation qui s'accélère, ces jeunes lui apporteront de nouveaux talents et des énergies rares; ils seront chercheurs, entrepreneurs, créateurs, innovateurs, parlant toutes les langues du monde, ouverts à toutes les cultures. Les sortir de leur marginalité, ce serait éviter que la France ne soit, à son tour, marginalisée par l'Histoire.
Suite CPE
Membres du conseil constitutionnel : http://www.conseil-constitutionnel.fr/langues/francais/fra3.htm
Le CPE validé, Jacques Chirac s'adresse aux Français vendredi
PARIS (Reuters) - Le Conseil constitutionnel a validé sans réserves le contrat première embauche (CPE), qui devrait être promulgué sous peu par Jacques Chirac.
Le chef de l'Etat s'adressera aux Français vendredi à 20h00 (18h00 GMT) lors d'une allocution télévisée, a annoncé l'Elysée.
Les neuf "Sages" de la rue Montpensier, saisis le 14 mars par des parlementaires socialistes, ont estimé que l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances, qui institue le CPE, n'était pas contestable sur le fond et la forme.
Le Conseil constitutionnel juge qu'aucune règle constitutionnelle n'interdit au législateur de prendre des mesures en faveur de l'emploi des jeunes, notamment de créer un nouveau contrat de travail ayant pour objet de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes.
Sur la forme, il considère que le gouvernement a introduit régulièrement le CPE par voie d'amendement, au regard des règles posées par la Constitution.
Matignon n'a fait aucun commentaire jeudi soir.
La loi doit désormais être promulguée par Jacques Chirac.
Le président de la République pourrait proposer vendredi en contrepartie un "Grenelle social" aux partenaires sociaux et aux étudiants qui réclament toujours le retrait du CPE, a-t-on indiqué de sources parlementaires.
Forts d'une mobilisation mardi dans la rue sans précédent depuis 1968, douze syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens ont appelé à une nouvelle journée de grèves et de manifestations mardi prochain, le 4 avril.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a d'ores et déjà annoncé que les organisations syndicales refuseraient de participer à une grande négociation sociale.
"C'est ce qu'on refuse depuis un mois au Premier ministre", a-t-il souligné au micro de France Info.
VILLEPIN VICTIME DE L'EFFET CPE
Un passage en force du CPE serait lourd de conséquences, a prévenu pour sa part le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault.
"Il semble que la majorité parlementaire et le président de la République choisissent d'ignorer le discrédit qui frappe l'action gouvernementale pour imposer, par un passage en force, la mise en oeuvre du CPE", a-t-il déclaré dans un communiqué avant la décision du Conseil constitutionnel.
"Les salariés ne comprendraient pas qu'en ces circonstances de petits calculs politiques inspirent le chef de l'Etat", a-t-il ajouté.
Un nouveau sondage publié jeudi confirme l'opposition des Français au CPE, un contrat de travail réservé aux moins de 26 ans et doté d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle un employeur peut licencier sans justification.
Cette enquête CSA pour le journal Le Parisien montre que 42% des personnes interrogées estiment que la mesure doit être suspendue "le temps de trouver une solution" et 41% veulent son retrait. Seuls 12% des sondés veulent le maintien du CPE.
De 47% d'opinions positives en janvier, Dominique de Villepin est passé à 29% en mars, son plus mauvais score depuis qu'il a été nommé à Matignon en juin dernier, selon le baromètre CSA pour La Vie et France Info.
Réunis au sein d'un comité de riposte à la politique de la droite, partis et organisations de gauche préparent une déclaration commune anti-CPE qu'ils présenteront vendredi matin.
Face aux interventions des forces de l'ordre, étudiants et lycéens anti-CPE ont changé de stratégie jeudi en multipliant les blocages d'axes routiers et de gares, et non plus les seuls lycées et universités.
Ils entendaient ainsi répondre aux "tentatives de répression" du ministre de l'Education, Gilles de Robien, qui, selon les syndicats anti-CPE, "incite les chefs d'établissements à faire appel à la police" pour permettre l'accès aux cours.
"Le Petit prince", 60 ans la tête dans les étoiles
PARIS (AFP) - "Le Petit prince" a 60 ans. L'âge de l'éternelle jeunesse pour le "petit bonhomme solitaire" de Saint-Exupéry, dont les aventures se sont vendues à plus de 80 millions d'exemplaires dans le monde, dont 11 millions en France. "Le Petit prince" est à ce jour le livre français le plus vendu dans le monde. Traduit dans quelque 160 langues et dialectes, dont dernièrement l'amazighe (berbère), il compte entre 400 et 500 éditions différentes, selon Alban Cerisier, responsable du dossier Saint-Exupéry aux éditions Gallimard.

Ingrid Betancourt
Dimanche 2 Avril, à Paris, à 14H30
A l’occasion des 1500 jours de prise d’otage d’Ingrid Betancourt et de sa collaboratrice, Clara Rojas, une grande marche de soutien est organisée. Soyons nombreuses et nombreux à dire que nous en avons assez que les dates anniversaires s’enchaînent sans que les chaînes des otages ne se brisent.
Lors de cette marche, nous proposerons aux participants de se bâillonner, en symbole de l’absence de liberté d’expression d’Ingrid, de Clara et des otages de Colombie.
Seront présents : la famille d’Ingrid, des élus de tout bord, des anciens otages et des personnalités.
Rendez-vous pour cette grande marche à 14H30 sur le Parvis des Droits de l’Homme (Paris 16ème) pour nous rendre au Mur de la Paix. (C'est devant l'Ecole Militaire)
Accès : Station Trocadéro (lignes de métro 6 et 9, lignes de bus 22, 30, 32 et 63)
Article sur le site Parisist.com :
La clope triste
C'est la tendance déprime du moment : la clope au pied de l'immeuble. En proie à une hystérie hygiéniste molle, le monde du travail innove sans gloire depuis quelques années, et bannit le fumeur de ses open spaces grisâtres.

En repoussant les importuns là où on pense ne plus les voir, le résultat est pire que le mal. Désormais agglutiné autour des digicodes, ou replié furtivement dans le hall pour échapper au courroux de l'hiver, le fumeur est contraint de tirer à toute allure sur son mégot sale, en se tenant le col de chemise car il a oublié son écharpe en haut. L'air inquiet, il s'emmerde ferme, en faisant minablement les cent pas, et regarde sans entrain l'autre côté de la rue, en faisant semblant de ne pas voir qu'il est vu par des hordes de passants indifférents à son addiction.
Parfois, un collègue lui fait l'aumône de se joindre à lui. Il doit s'executer dans un rituel de conversation morne. Son méfait commis, il rentre ensuite à l'intérieur des locaux de son employeur, après avoir prélablement jeté son filtre encore fumant sur le trottoir. Après les étrons mous des caniches arthritiques, l'avenir radieux de la voirie, c'est de se muer en cendrier. Constellé de mégots aplatis, les devantures parisiennes de compagnies d'assurances, de banques et d'autres raisons sociales du tertiaire témoignent impassiblement de ces moments pénibles passés par des pauvres hères sans fierté.
Parisist ne saurait prendre parti dans cette lutte sans merci. On a déjà beaucoup fumé, on fumera encore, on arrêtera sûrement, et on rechutera statistiquement. Ce qui est sûr, c'est que la cigarette vit ses dernières heures dans les lieux publics fermés, et que personne n'a pris conscience du désastre annoncé sur les lieux publics ouverts : la clope triste, dans le vent et la solitude, aux yeux de tous.
La dépendance banale, sans joie. Le pousse-mégotisme de trottoir.
"Il est bien plus divertissant d'être ennuyeux que d'être intéressant."
AMÉLIE NOTHOMB
Je mets en ligne le mail de ma prof d'histoire littéraire pour ceux qui sont avec moi en cours (F2010 Bloc 6, 1ère année de lettres modernes, Paris III), merci de faire passer le message :
Bonsoir,
Certains d'entre vous m'ont fait parvenir divers travaux, dont des
fiches de lecture. Si vous avez suivi les débats soulevés en
Assemblées générales (enseignants, personnels et étudiants), vous
savez que la question des modalités d'évaluation est pour l'instant en
suspens.
Pour l'instant voici ce que je peux vous dire:
- Il est pour moi hors de question de pénaliser les grévistes, et je
sais que certains d'entre vous sont très actifs et ont du mal à
trouver le temps pour travailler. Jusqu'à la reprise des cours, je ne
pénaliserai personne pour un retard.
- Certains m'ont rendu des travaux. Je les lirai, bien entendu, les
corrigerai et vous les renverrai corrigés à la fin de la grève. Si
ceux qui m'ont déjà envoyé des choses souhaitent encore les modifier,
ils peuvent le faire.
- Le devoir à faire à la maison est pour l'instant suspendu.
Je suis à l'Université très régulièrement et si vous avez des
inquiétudes, n'hésitez pas à me le faire savoir. Je ne vous ferai
parvenir aucun cours par internet car ce serait contraire à mon
éthique, mais je suis tout à fait disposée à prendre du temps pour
ceux d'entre vous qui seraient inquiets.
Pouvez-vous faire suivre le message autour de vous?
Heureusement, car je n'ai pas tellement travaillé et pas trop la motivation en ce moment... Envie de partir en Bretagne (prendre un grand bol d'air) ou sauter dans l'Eurostar pour aller à Londres m'inscruster chez Micka (un petit coucou à toi Micka si tu passes par là !), mais en même temps besoin d'être informer de l'évolution de la situation, d'être présente à Paris, et en Bretagne je n'ai pas internet, donc trop difficile pour moi et le cyber-café le plus proche doit être à environ 15 kms de ma petite ville ! lol ! Je sens que ce mouvement est important et j'aime être au courant de ce qui se passe ! Un peu trop curieuse la Faustine ! lol !











