vendredi 15 septembre 2006
"Congé" de Schoenberg du JT de France 2: 52 députés UMP écrivent à Carolis
PARIS (AFP) - Cinquante-deux députés UMP ont interpellé le PDG de France Télévisions, Patrick de Carolis, sur le "congé" de la présentatrice du JT du week-end de France 2 Béatrice Schoenberg durant la campagne présidentielle, qualifiant cette décision de "délit d'opinion inacceptable".
Ce week-end, des milliers de manifestations pour "faire vivre le patrimoine"
PARIS (AFP) - Visiter un baptistère paléochrétien à Ajaccio ou les studios de France Télévisions, découvrir les salons de l'Elysée ou un manuscrit de Stendhal à la BnF, seront quelques-unes des 17.000 manifestations des 23e Journées européennes du patrimoine samedi et dimanche. Le thème de cette nouvelle édition est : "Faisons vivre notre patrimoine", dont le programme est consultable sur internet (www.journeesdupatrimoine.culture.fr) alors que sera diffusé un guide "Patrimoine: mode d'emploi", réalisé avec le magazine Connaissance des Arts.

Appel pour une bannière
J'aimerais bien une bannière pour mon blog mais je suis incompétente en logiciel de dessin, alors si quelques personnes peuvent me faire une ou des bannières, ce serait cool ! (et s'il y en a plusieurs, je changerai de temps en temps !)
Merci d'avance !
Seule contrainte : Largeur max 902 px, Hauteur max 150 px.
"Gamines" de Sylvie Testud
Sur la couverture de son deuxième roman, l’actrice Sylvie Testud regarde son lecteur en coin ; elle a l’air infiniment triste dans son grand imper. Nostalgique peut-être ? Le titre multicolore du livre tranche sur le noir et blanc de l’image en couverture. Gamines ressemble à un petit paquet de bonbons dans un immense congélateur vide. Sylvie Testud y raconte l’histoire de trois sœurs, Corinne, Sybille, et Georgette. Elles ont respectivement 12, 10 et 8 ans au début du livre. L’héroïne est la turbulente n°2, véritable garçon manqué derrière les nattes blondes que lui tresse sa maman. C’est seule que la mère, une comptable d’origine italienne, élève ses trois filles dans le quartier de la Croix-Rousse, à Lyon. « Il » -Lui, le mari, l’homme, le père- est parti quand l’aînée avait 4 ans. Sybille est d’autant plus solitaire dans sa famille qu’elle est la seule blonde parce que qu’ « elle » lui ressemble… Dans cette autobiographie, le lecteur reconnaît facilement Sylvie en Sybille, malgré les dénégations de l’auteur : « Toute ressemblance avec des personnages existantes est peut-être un hasard ». Au début du livre, le style parlé enfantin qu’adopte Sylvie Testud étonne et détonne ; surtout qu’il est agrémenté de bordées d’injures et de grossièretés qui sont sensées souligner le caractère franc et entier de l’héroïne : « Plus le canular est énorme, plus il est crédible ; plus l’autre à les chocottes, plus on rigole » (p. 11). Or, l’actrice ne parvient pas à justifier ses « gros mots », simplement parce que c’est un exercice très périlleux que de tenter de renouveler la langue en la plongeant dans la fange. Il faudrait que ce bain de boue émacie les mots et les régénère ; mais dans Gamines, l’effet de style tombe à plat. Bref, Sylvie Testud n’est pas Louis-Ferdinand Celine et personne ne peut lui en vouloir, ni d’essayer, ni d’échouer. Simplement, au début du livre, l’ « oralité » du texte rend la lecture un peu difficile. Mais au fur et à mesure des chapitres, cette impression s’atténue, peut-être parce que le lecteur s’habitue à la plume franche de Sylvie Testud, peut-être aussi parce que l’auteur finit par donner plus d’attention au fond, et moins à la forme. Et ce fond est très émouvant. L’absence du père – qui est le sujet principal de Gamines- est un thème poignant, que Sylvie Testud aborde avec un zeste d’originalité et beaucoup de pudeur. Quant aux personnages du livre, ils sont hauts en couleurs. La famille italienne de la « Mama » est aussi hilarante que menaçante, et les rapports de complicité infinie et de rivalité qui lient les trois sœurs sont très finement explicités. Enfin, Sylvie Testud nous remémore avec un sens aigu du détail le petit monde de l’enfance, que ce soit à l’école, en vacances, ou dans la pénombre de la chambre partagée. Gamines est une tendre madeleine à s’offrir en apéritif de cette rentrée littéraire 2006. Sylvie Testud, Gamines, Fayard, 17 euros, 302 p. | |||
"Si vous aimez la vie, elle vous aimera en retour."
ARTHUR RUBINSTEIN
Viêtnam
LE VIETNAM
Sous un chapeau pointu
Immersion au Tonkin, région nordique du Vietnam, éclairée par la compagnie d'un éminent journaliste, j'ai nommé Albert Londres. Une façon de redécouvrir, à travers ses clins d'oeil, un pays ô combien exotique, souriant et pacifique, malgré son histoire tourmentée.
Dites non
Le chapeau conique, ou non (prononcez "nonne"), que nous appelons vulgairement chapeau chinois - expression à ne jamais laisser échapper si vous ne voulez pas d'entrée de jeu vous attirer l'antipathie des locaux - et qui figure sur la couverture de tout guide touristique qui se respecte, est bel et bien l'emblème du pays. Il pointe son cône non seulement en ville, sur la tête des femmes chargées de palanches avec moult fruits à vendre pour quelques milliers de dongs (l'équivalent de quelques centimes d'euro), qu'à la campagne, où il reste l'accessoire indispensable aux agriculteurs et repiqueuses dans les rizières. Le non a l'avantage de servir à la fois à se protéger du soleil et de la pluie. 
"Plus jamais, plus jamais, un poil au sec"
Le porte-plume aiguisé du reporter mythique claironne tout haut ce que tout voyageur en terre tonkinoise chuchote tout bas. "Et peu à peu, vous comprenez, les larmes aux yeux, que vous n'aurez plus jamais, plus jamais, un poil au sec." Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il brille ou qu'il brûle, toujours la moiteur vous parsème la peau d'une légère brillance humide. C'est le prix à payer pour vivre sous la chaleur tropicale. A Hanoï, capitale du scooter klaxonnant, même le fleuve est rouge, comme s'il transpirait à grosses gouttes, les joues en feu. On peut aisément gamberger sur l'origine du nom du fleuve Rouge… Albert Londres hasarde une explication : "Il était rouge comme s'il charriait de la poudre de brique. Mais il ne charriait rien, il ne bougeait pas, il avait bien trop chaud." Au risque de décevoir, le fleuve Rouge tire son nom de la couleur de ses alluvions. Pourtant, on ne peut s'empêcher d'y déceler quelque subterfuge communiste…
L'idole des jeunes
Accueilli chez l'habitant dans les régions montagneuses, vous serez surpris d'entendre que la première chanson qui vient à l'esprit des enfants du village est une comptine à la gloire d'Ho Chi Minh ! Les statues de l'homme politique qui a marqué trente ans de l'histoire du Vietnam pullulent, non loin de celles de Lénine, son mentor, à qui le pays rend décemment hommage. Les grands dirigeants communistes semblent destinés à l'embaumement ; Lénine repose sur la place Rouge à Moscou, Ho Chi Minh à Hanoï. C'est le pouvoir en place qui en a décidé ainsi ; Ho Chi Minh souhaitait au contraire que ses cendres soient dispersées dans tout le Vietnam. Dans l'interminable file d'attente pour visiter ses anciens appartements et son mausolée, une ribambelle d'écoliers en uniforme : ce pèlerinage est offert aux élèves les plus brillants en guise de récompense. Le Vietnam est l'un des derniers pays communistes de la planète : en tant que parti unique, le PC y règne en maître incontesté. Pour saluer la dépouille d'oncle Ho, comme l'appellent les Vietnamiens, il faut pénétrer dans son sanctuaire en posture de recueillement, sans tortillements ni éclats de voix, les bras le long du corps, bouche cousue.
Le pays des risettes
Tout ce cérémonial n'empêche pas le Vietnam d'être particulièrement souriant. Albert Londres formule ce qui pourrait être la devise nationale : "En Indochine, vous n'êtes ni dieu ni dogue, mais une espèce de bon zigue à qui on peut sourire." Vous apercevrez certainement, derrière un franc sourire, des dentitions noircies parmi les personnes âgées - le résultat d'une vieille coutume encore d'usage chez les plus anciens ; se frotter les dents avec la feuille de bétel est censé garantir la longévité des unions maritales. Cette pratique aurait aussi une visée esthétique… Pour "le peuple chiqueur de bétel", comme l'appelle Londres, le rire est une façon de désamorcer les situations génératrices d'angoisse, de voiler la pudeur. Cette façon qu'ils ont de sourire à la vie traduit par ailleurs leur état paisible, leur philosophie de l'oubli. Une certaine rancoeur demeure toutefois à l'égard du voisin chinois que les Vietnamiens font rimer avec sournois. Ce champion de l'invasion du Vietnam est connu pour sa double face, alors que les Cambodgiens et les Laotiens sont des peuples amis.
La petite maison (sur pilotis) dans la prairie…
…A ceci près qu'il s'agirait plutôt de rizières et de jungle. Là où les buffles remplacent nos vaches, où les petits bancs au ras du sol sont préférés à nos sièges de géants, où les sacs de riz à la queue leu-leu ornent les murs en torchis et en bois, où les poules caquettent sous le plancher sur pilotis, des paysages montagneux et verdoyants vous laissent coi. La campagne vietnamienne a encore du chemin à faire en termes de développement, de mécanisation, de confort et d'hygiène. Albert Londres notait déjà ce décalage au début du XXe siècle : "Le vieillard du Tonkin est au vieillard de France ce qu'une ruine non entretenue du Moyen Age peut être à une ruine bien conservée du Premier Empire." Les Vietnamiens ont toutefois le don de dépenser élégamment leur énergie : "Ce sont des bataillons de jardiniers décorateurs et non d'infanterie coloniale qui ont conquis le Tonkin !" Les Vietnamiens sont fiers des épreuves belliqueuses dont le pays s'est tiré, et de rentrer prochainement à l'OMC ! Ce peuple de courageux possède la culture de l'effort, mais aussi de l'excellence comme en témoignent les anciens concours mandarinaux. Le culte des "génies" - c'est-à-dire l'hommage aux grands hommes - dans les temples est très répandu (les pagodes étant réservées au culte religieux), une manière de célébrer le phoenix, symbole de sagesse, de connaissance et de solidarité. 
Dragons et autres bestioles
Comme les Thaïlandais aiment à voir un éléphant dans leurs contours géographiques, les Vietnamiens optent pour le dragon, symbole de pouvoir. La baie d'Halong ou baie du dragon est environnée de diverses légendes mettant en scène la majestueuse bête - sauveur armé de blocs rocheux, responsable des crevasses qui sont autant de miettes de la montagne - afin d'expliquer la formation de ses milliers de pains de sucre pierreux. L'animal mythique est aussi présent sur les étalages des marchés sous la forme des fruits du dragon, rose bonbon avec des sortes d'écailles bordées de vert. Les fruits exotiques constituent la principale gourmandise du Vietnamien mince comme un fil. Les sangsues, "qui s'accrochent goulûment aux chevilles quand on traverse les forêts [des] régions hautes ", sont bien plus gourmandes comme le note monsieur Londres. Au Vietnam, on est friand de remèdes traditionnels : alcool de riz à la bile d'ours, alcool de serpent, baume du tigre - réputée également chez son voisin chinois. Les restaurants où l'on sert du cho - du chien - fonctionnent à plein régime à la fin du mois lorsque les locaux espèrent se laver de leurs péchés des trente jours écoulés ! Les Vietnamiens ont un côté superstitieux - à l'instar des Européens pour qui, depuis les temps moyenâgeux, la simple vue d'un chat noir est un mauvais présage -, cela ne fait pas un pli. 
Avec ou sans plis
Albert Londres s'attarde ainsi sur le troisième âge vietnamien : "Si on mettait bout à bout les plis de leurs figures, on atteindrait du coup un nombre de kilomètres suffisant pour réunir, à travers l'Annam, le Tonkin à la Cochinchine. Les sièges des quatre sens qui élisent domicile dans le visage sont tous descendus d'un étage. […] On voudrait s'approcher d'eux, leur prendre la peau du front, remonter tout l'ensemble et leur dire, une fois l'épingle fixée : 'Là, comme ça ! N'y touchez plus !'" Le culte du lisse de notre reporter aux réflexes de chirurgien esthétique se confirme au niveau des paysages. Mais c'est autant dans les creux et les surfaces planes que transparaît la tranquillité du Vietnam. A Hanoï, "un lac oblong, que ses arbres abritent comme des ombrelles, chante, au centre de la cité, la chanson silencieuse de l'eau immobile." La baie d'Halong en a l'air, mais pas toujours la chanson. Le calme olympien de ses eaux est perturbé ça et là par une nuée de jonques bardées de touristes, "huitième merveille du monde" oblige. On peut s'amuser à baptiser les deux tiers sans noms des trois mille montagnes qui la composent. Pour finir, gardons à l'esprit la douce image d'un radeau glissant sur le lac de Ba Be - autre merveille du Tonkin classée patrimoine mondial - avec son pêcheur accroupi à bord dont l'attitude non remuante garantit la survie…
Toutes les citations sont extraites de 'Visions orientales', Albert Londres, éd. Le Serpent à plumes, coll. Motifs (2002).
Céline Laflute pour Evene.fr - Août 2006








