mercredi 10 janvier 2007
Bouquet, Delon, Arditi, Rampling: le théâtre privé soigne son affiche 2007
Par Benoît FAUCHET
PARIS (AFP) - Alain Delon et Mireille Darc pour des retrouvailles, Michel Bouquet dans "L'Avare" de Molière, Pierre Arditi en fidèle des planches, Charlotte Rampling chez Strindberg: les têtes d'affiche se bousculent en ce début 2007 dans les théâtres privés parisiens.
"Le théâtre privé sera toujours le théâtre privé, avec ses monstres sacrés", s'est réjoui mercredi le président du Syndicat des directeurs de ces établissements, Georges Terrey, en présentant à la presse la deuxième partie de la saison 2006-2007 des 50 enseignes de ce réseau. A 81 ans, Michel Bouquet est le premier à ouvrir le feu, dès ce mercredi soir, en Harpagon dans "L'Avare", qu'il présente au Théâtre de la Porte-Saint-Martin dans une mise en scène de Georges Werler. L'offre s'étoffera sensiblement la semaine prochaine, avec des premières représentations très attendues. Michel Aumont, 70 ans, proposera le monologue intérieur d'un vieil homme à partir du 16 janvier à l'Oeuvre avec "A la porte" de Vincent Delecroix, dans une adaptation et une mise en scène de Marcel Bluwal. Au même moment à l'Atelier, Patrice Leconte fera passer ses "Confidences trop intimes" du grand écran à la scène avec Jacques Gamblin et Mélanie Doutey dans les rôles créés au cinéma par Fabrice Luchini et Sandrine Bonnaire. Le 19, Pierre Arditi jouera à l'Edouard VII, avec et dans une mise en scène du patron de ce théâtre Bernard Murat, "L'Idée fixe" de Paul Valéry, léguant à Martin Lamotte son rôle dans "La danse de l'albatros" de Gérard Sibleyras au Montparnasse, un des grands succès de l'automne 2006. L'un des événements de ce début d'année théâtrale sera la reformation du couple Alain Delon - Mireille Darc pour les besoins de l'oeuvre de Robert James Waller "Sur la route de Madison", à partir du 23 janvier au Marigny. Huit jours plus tard, dans la salle Popesco de ce même théâtre, "La Vérité toute nue" de David Lodge, variation sur le monde littéraire et médiatique, sera interprétée notamment par Claire Nebout et Patrick Raynal. La presse ne sera pas épargnée non plus par l'auteur et ancien critique de théâtre Pierre Notte, qui présentera "Journalistes" au Tristan Bernard (à partir du 23). A partir du 30 janvier, Isabelle Nanty à la mise en scène parlera d'amour à l'Hébertot dans "Irrésistible" de Fabrice Roger-Lacan avec, dans les rôles de tourtereaux qui se déchirent, Virginie Ledoyen et Arié Elmaleh. En février, le Théâtre de la Madeleine devrait doublement créer l'événement grâce à "La Danse de mort" de Strindberg (mise en scène de Hans Peter Cloos) avec Charlotte Rampling et Didier Sandre (15 février) et, en écho à la présidentielle, par une relecture des débats de 1974 et 1981 entre Giscard d'Estaing et Mitterrand par Jean-François Balmer et Jacques Weber. En raison d'une petite intervention chirurgicale, François Berléand a reporté à mars ses débuts dans "L'Arbre de joie" de Louis-Michel Colla et David Khayat à la Gaîté-Montparnasse en compagnie de Maruschka Detmers. Enfin, les grands succès de la première partie de saison suscitent plusieurs prolongations. Robert Hirsch installe son "Gardien" de Pinter au Théâtre de Paris après l'Oeuvre, Jean Piat poursuit son hommage à Guitry dès jeudi à la Comédie des Champs-Elysées, et le trio de comédiens formé par Lorant Deutsch, Frédéric Diefenthal et Macha Méril reprend vendredi "L'importance d'être constant" d'Oscar Wilde au Théâtre Antoine. De Wilde également, "L'Eventail de Lady Windermere" passera le 16 janvier du secteur subventionné (Théâtre 14) au privé (Bouffes Parisiens) avec la sociétaire honoraire de la Comédie-Française Geneviève Casile.
Polémique sur le temps de parole: Arlette Chabot lance un ''appel au calme''
PARIS (AFP) - La directrice de l'information de France 2, Arlette Chabot, a lancé mercredi sur RMC un "appel au calme" dans la polémique sur la bipolarisation de la campagne présidentielle, estimant que certains cherchaient par ce moyen à "obtenir du temps d'antenne".
A l'image du président de l'UDF, François Bayrou, plusieurs candidats déclarés à l'élection présidentielle ont dénoncé au cours des derniers jours l'importance du temps d'antenne accordé à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a lui-même critiqué la "bipolarisation excessive au profit de deux candidats" dans la couverture de la présidentielle, visant particulièrement France 2 et M6. "Je profite de l'occasion qui m'est donnée pour lancer un appel au calme. Tout le monde doit être raisonnable", a déclaré Mme Chabot. "Les règles, on les respecte, elles sont complexes. N'utilisez pas les médias ou ne lancez pas de fausses polémiques pour obtenir du temps d'antenne", a-t-elle ajouté. Mme Chabot a souligné que cette "première évaluation" du CSA portait seulement sur "17 jours de campagne" et coïncidait avec la période des fêtes de fin d'année pendant laquelle "un certain nombre d'émissions politiques se sont arrêtées". "Tous les matins on a un invité politique (dans "Les quatre vérités", diffusée à 07H50, ndlr). Depuis le mois de décembre, on a reçu Dominique Voynet, Arlette Laguiller, Jean-Marie Le Pen... Il ne faut pas dire que ces gens sont ignorés", s'est-elle défendue. Interrogée sur le dispositif de campagne mis en place par France 2, Mme Chabot a indiqué "qu'entre février et mars, chacun aura droit à une émission +A vous de juger+ plus ou moins longue et face à des Français qui poseront des questions". Mais, "tout cela reste à roder", a-t-elle ajouté.
Mort du philosophe et historien Jean-Pierre Vernant
Par Muriel BRACHET
PARIS (AFP) - Le philosophe et historien, Jean-Pierre Vernant, héros de la Résistance et l'un des grands spécialistes mondiaux de l'antiquité grecque est mort mardi à l'âge de 93 ans, a-t-on appris mercredi auprès de sa famille.
Né le 4 janvier 1914 à Provins (Seine-et-Marne), orphelin à 8 ans, il suit des études de philosophie et devient cacique de l'agrégation dans cette discipline en 1937. Décrit par Claude Levi-Strauss comme "un frère en mythologie", ce professeur honoraire au Collège de France et agrégé de philosophie, Compagnon de la Libération, s'est imposé dès son premier ouvrage, "Les origines de la pensée grecque" (1962), comme un des interprètes les plus novateurs de la mythologie grecque. Celle-ci incarne "le goût de la liberté et du débat intellectuel qui rendent la vie plus belle", confiait-il à l'Express en 2003. Défenseur de l'enseignement du grec, qui "ne sert à rien sauf à fabriquer le cerveau, à composer ce qui s'appelle la culture", Vernant a établi de nombreux ponts entre la Grèce antique et la société contemporaine, en explorant les mécanismes qui ont conduit à la naissance concomitante de la pensée moderne, de la politique et de la démocratie. Jeune militant antifasciste entré dans les Jeunesses communistes alors qu'il n'a pas 20 ans, il est des bagarres dans le Quartier latin contre les tenants de l'Action française. Démobilisé à Narbonne en 1940, il devient professeur à Toulouse, où il se lie avec Ignace Meyerson (1888-1983), fondateur de la "psychologie historique" dont il a suivi le cours à la Sorbonne, et par lequel il rejoint la Résistance. Début 1942, il entre dans le réseau Libération-Sud, fondé par Emmanuel d'Astier de la Vigerie, avant de commander les Forces françaises de l'intérieur de Haute-Garonne sous le pseudonyme du "colonel Berthier". Après la guerre, ce "fervent champion de la variété" (selon l'expression de son ami Pierre Vidal-Naquet) qui restera membre du PCF jusqu'en 1970 tout en ne ménageant pas ses critiques, s'aménage un espace de liberté dans l'étude de la Grèce ancienne. Commence une longue carrière de chercheur: attaché, puis chargé de recherches au CNRS, il est ensuite directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études de 1958 à 1975. Deux ans après la publication de son premier livre, il fonde le Centre de recherches comparées sur les sociétés anciennes. De 1975 à 1984, il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des études comparées des religions antiques. Artisan de plusieurs ouvrages collectifs, Vernant a notamment publié "Mythe et pensée ches les Grecs" (1965, Maspero), "Mythe et société en Grèce ancienne" (1974, Maspero), "La Mort dans les yeux. Figure de l'autre en Grèce ancienne" (1985, Hachette) ou encore "L'Individu, l'amour, la mort" (1989, Gallimard). Publié au Seuil, "Entre mythe et politique" (1996) est un ensemble de textes qui retrace son double parcours de militant et de chercheur. "La mythologie affirme l'idée qu'il n'est pas de problème qui ne puisse être résolu par l'enquête intellectuelle et le débat culturel", affirmait celui que tous décrivent comme un homme chaleureux et modeste. Embrassant la Grèce ancienne et le XXe siècle autour des notions d'engagement, de mémoire et de mort héroïque, son dernier ouvrage, "La traversée des frontières" (2004, Le Seuil) aborde les difficultés qu'a l'historien à aborder "avec le détachement nécessaire les faits passés qui imprègnent encore le souvenir des contemporains". Il était membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Il soutient, depuis sa création en 2001, le fonds associatif Non-Violence XXI.
Salon du Cinéma
Du 12 au 14 janvier à la Porte de Versailles.
Pour plus de renseignements : http://www.salonducinema.com/
