mardi 25 avril 2006
Villepin lance le débat national Université-Emploi
PARIS (AFP) - Le Premier ministre Dominique de Villepin a lancé mardi le débat national Université-Emploi en annonçant un calendrier serré, provoquant les critiques des quelques syndicats présents qui ont regretté une précipitation et une absence de concertation comme lors de la crise du CPE. Lors de cette installation, Dominique de Villepin a notamment proposé que les étudiants boursiers puissent continuer à bénéficier de leur bourse "pendant trois mois" après l'obtention de leur diplôme afin de "faciliter leur insertion sur le marché du travail", une mesure qui pourra être mise en oeuvre dès l'été.

mercredi 19 avril 2006
Examens 2006
Article sur le site letudiant.fr : Examens 2006 : sous les pavés, les rattrapages |
Après deux mois de révolte anti-CPE, les présidents des universités commencent à organiser le rattrapage des cours et le passage des examens. Tour de France des facs et de leurs plans de secours. Dans les facs les plus touchées par le mouvement (une quinzaine dont Aix-Marseille 1, Bordeaux 3, Lille 3, Paris 1, 3 et 4, Toulouse 2 et 3, etc.), on s’inquiète. « Rien n’est encore irrémédiable mais on approche vraiment de la limite. Au-delà d’un mois de cours perdu sur quatre, le retard me paraît impossible à combler », prévient Yannick Vallée, premier vice-président de la CPU (Conférence des présidents d'université) et président de l’université Grenoble 1. Si le blocage prend fin, l’établissement pourrait simplement décaler les examens de sept jours, comme à l’université de Bourgogne. S’il se prolonge, la session de mai pourrait être repoussée en juillet et celle de juillet en septembre. « Dans tous les cas, nous n’allons pas brader nos diplômes. Il faudra s’attendre à des rattrapages intensifs le soir et le samedi. Cela va poser des problèmes de logistique, notamment de salles, mais aussi de personnel », annonce-t-on à la présidence. Blocages au printemps, examens en été A Rennes 2, une commission de réflexion « sur les dispositions relatives au rattrapage » a été créée. Pour elle, le constat est sans appel : « Les étudiants devront comptabiliser huit semaines de présentiel pour valider l’année 2005-2006 ». Les cours supplémentaires pourraient avoir lieu du 9 mai (après les vacances de Pâques) au 19 juin avec des examens dans la foulée. Soit un décalage de quatre semaines par rapport au calendrier initial. « Il y aura forcément des « dommages collatéraux ». Certains étudiants, plus fragiles que les autres, risquent d’abandonner en cours de route », regrette Pierre Bazantay, vice-président chargé de la culture et de la vie étudiante à l’université Rennes 2. D’autres devront s’arranger pour assumer simultanément révisions et job d’été. « Les vraies victimes du mouvement sont les étudiants qui travaillent pour payer leurs études », souligne ainsi Jean-Charles Pomerol, président de l’université Paris 6. « Et ceux qui viennent de loin et devront rentrer tard chez eux après les rattrapages », ajoute-t-il. En attendant la fin du blocage de Jussieu, les responsables de formation de l’établissement ont envisagé trois scénarios possibles. Si la fac reprend son activité normale au plus tard le 24 avril, les journées de cours pourraient être allongées et les examens reportés vers la fin juin. Si le mouvement se poursuit au-delà, Jean-Charles Pomerol évoque des enseignements en septembre voire la neutralisation totale du second semestre. Système D et cours en ligne Chaque université organise donc en interne leurs plans de secours en fonction des issues possibles du conflit mais aussi de leurs moyens humains et logistiques. A la Sorbonne, le président Jean-Robert Pitte, propose de prolonger les cours jusqu’à la mi-juin, de supprimer les examens finaux prévus à partir du 5 du mois et de les remplacer par un contrôle continu « afin de les décentraliser ». Ailleurs, on a parfois recours au système D. « Le ministre a déclaré que le retard devait être rattrapé mais il n’a pas dit comment », fait remarquer un vice-président d’une fac. A Lille 3, le CEVU (Conseil des études et de la vie universitaire) a donc décidé « de mettre en place un dispositif de tutorat pour que le deuxième semestre de l’année puisse être validé ». Enseignants et étudiants se sont ainsi se rencontrés en fin de semaine dernière pour « se livrer à la distribution de tout document utile et à la présentation de méthodes de travail en vue des épreuves prévues ». En plus des polycopiés et des ouvrages disponibles dans les bibliothèques, les élèves des facs sont invités à utiliser les ressources pédagogiques mis en ligne par leurs professeurs. A Nanterre, en lettres et sciences humaines, quatre à cinq semaines de cours manqués sur sept devraient pouvoir être rattrapées. « Pour compléter, nous avons accéléré le lancement de notre plate-forme d’enseignement à distance, prévu initialement pour la rentrée prochaine ou début 2007 », annonce Marc Petit, directeur du cabinet du président de l’université. Une bonne façon d’en faire la promotion… Autres temps, autres mesures Lors des précédents mouvements étudiants – Mai 68 et plus récemment Décembre 95 – l’enseignement en ligne n’existait pas. Les universités avaient donc tout misé sur les rattrapages de cours et, dans le pire des cas, le décalage des examens en septembre. « En 1995, Paris 6 s’est réellement arrêtée une seule semaine. Il n’y a donc pas eu de perturbations. Je crois que nous vivons la plus grosse crise depuis 1968 », n’hésite pas à affirmer Jean-Charles Pomerol. Même son de cloche à Rennes 2. « Nous avons connu une longue grève en 1976. Nous avions rattrapé les cours de juillet à septembre. Aujourd’hui, avec le LMD, c’est moins évident car le système est maillé, les passerelles nombreuses entre les formations supérieures », explique Pierre Bazantay. Virginie Bertereau |
mardi 18 avril 2006
Reprise des cours dans les universités de Nantes et Rennes
PARIS (Reuters) - Les cours ont repris dans le calme dans deux bastions universitaires anti-CPE, Rennes et Nantes, alors que la Coordination nationale des étudiants multipliait les appels à la poursuite du mouvement.
Malgré le retrait des principaux syndicats d'étudiants du mouvement de blocage des universités, commencé il y a deux mois, la Coordination a élargi ses revendications au-delà du contrat première embauche.
Elle a appelé à trois journées d'actions, notamment ce mardi avec un rassemblement dans l'après-midi à Paris, le 25 avril et le 1er mai, pour demander le retrait du contrat nouvelles embauches (CNE), de l'intégralité de la loi sur l'égalité des chances et pour dénoncer le projet de loi sur l'immigration.
"La courbe de réouvertures des universités se poursuit", a-t-on assuré mardi au ministère de l'Education nationale où l'on n'était cependant pas en mesure d'évaluer dans l'immédiat la situation exacte des 84 universités françaises.
Lundi, trois universités étaient encore bloquées - Nantes, Toulouse et Rennes 2, cette dernière fermée "pour des raisons administratives".
Mardi, les cours ont repris normalement à Rennes 2, a indiqué Philippe Guy, secrétaire général de l'université où une cinquantaine d'irréductibles et de personnes extérieures avaient tenté en vain de bloquer les accès.
A Nantes, les cours ont pu également reprendre après l'évacuation par des vigiles, dans la nuit de lundi à mardi, d'une vingtaine d'irréductibles qui s'étaient livrés à des dégradations durant le week-end.
Un bâtiment qui a subi d'importants dégâts devra cependant être remis en état avant sa réouverture.
Mardi, le ministre des Finances Thierry Breton a chiffré à "quelques centaines de milliers d'euros par université" les dégâts commis lors des occupations.
"Les universités seront obligées de prendre ça sur leurs projets d'investissements", a-t-il dit sur France Inter.
A Nantes, les dégâts sont évalués de 40.000 à 50.000 euros et à Rennes 2 à environ 100.000 euros, selon la présidence des deux universités.
Côté examens, Yannick Vallée, responsable de la Conférence des présidents d'universités, n'exclut pas leur décalage de trois à quatre semaines dans la plupart des universités. Il considère que l'essentiel des cours pourra être rattrapé grâce à des aménagements et que "tout sera terminé d'ici le 14 juillet".
Dans les universités qui ont été fortement perturbées, certains examens pourraient être repoussés à septembre, a pour sa part déclaré dimanche le ministre délégué à l'Enseignement supérieur, François Goulard.
jeudi 6 avril 2006
CPE : "Nos étudiants vivent dans le rêve et dans l'illusion"
Propos recueillis par Alexandra GUILLET
Jean-Robert Pitte, président de l'Université Paris-IV-Sorbonne, est en colère contre les jeunes manifestants anti-CPE. En demandant un emploi sûr à 20 ans, selon lui, ils se comportent comme des "enfants gâtés" qui croient que "tout leur est dû".
Lci.fr : Les manifestations de mardi ont montré une mobilisation et une détermination intacte de la jeunesse contre le Contrat première embauche (CPE). Cela vous contrarie...
Jean-Robert Pitte, président de l'Université Paris-IV-Sorbonne : Nous sommes dans un pays têtu. Les Français sont plein de préjugés et, malheureusement, nos étudiants, comme une partie de l'opinion publique française, vivent dans le rêve et dans l'illusion. Ils croient que tout leur est dû. C'est un caprice d'enfant gâté. Certains sont manipulés, d'autres ont décidé d'en découdre. Ce qui est sûr c'est qu'une partie des jeunes estime avoir droit à un emploi, qui plus est sûr. Je trouve cela triste d'avoir 60 ans d'âge mental quand on en a 20 à l'état civil. Surtout, la réalité, c'est que dans le secteur public, et encore plus dans le secteur privé, on ne crée pas des emplois pour faire plaisir aux gens mais pour répondre à un besoin. Et il se trouve que beaucoup de diplômés de l'enseignement supérieur ne sont pas à même d'occuper immédiatement un emploi de façon efficace dans une entreprise.
Lci.fr : Si les jeunes ne sont pas opérationnels en sortant de la fac, comme vous le dites vous-même, n'est-ce pas vos formations qui sont aussi à revoir ?
J-R. P. : Nous sommes dans un pays où il y a un énorme problème de relation entre la formation des jeunes et les besoins du marché de l'emploi. Le problème vient à la base du fait que les lycéens ne sont pas ou mal orientés vers les études supérieures. Les meilleurs sont envoyés en classes préparatoires pour les grandes écoles, ceux qui viennent du secteur technique vont dans des BTS ou des IUT où ils réussissent bien. Le reste, une large majorité, se débrouille et va n'importe où. Cela aboutit à des catastrophes. Ce problème, on ne le regarde pas en face. Et on le paie très cher. De nombreux jeunes sont dans la détresse. Ils ont besoin d'acquérir un métier et l'université ne sait pas leur donner. Avoir une licence de philosophie, c'est un très bon diplôme, mais avec lequel il est impossible d'être opérationnel tout de suite dans une entreprise. En recrutant un jeune comme cela, l'entreprise aussi prend un risque.
Lci.fr : Vous semblez un peu isolé dans votre positionnement contre la jeunesse qui manifeste ?
J-R.P. : Je suis seul ! Un certain nombre de mes collègues essaient de temporiser, de minimiser les dégâts, et ne s'expriment pas sur le fond et en particulier sur l'occupation. Moi je dis clairement que c'est illégal et scandaleux ! C'est une atteinte aux droits de l'homme, aux libertés fondamentales. Il y a des universités, des institutions, un gouvernement, un Parlement, et je ne supporte pas l'idée que le pouvoir soit dans la rue, et qu'une minorité d'étudiants excités et sans véritable objectif raisonnable par rapport à ce qu'est une université, empêche la transmission du savoir. Je suis choqué, scandalisé et je regrette d'être le seul à le dire.
Deuxièmement, je ne suis pas contre un débat politique à l'université, mais un certain nombre de présidents ont mis de l'huile sur le feu en encourageant les étudiants à tenir des assemblées générales et en les laissant occuper les établissements la nuit. On sait très bien que cela dérive toujours très rapidement. Moi, je suis devant le fait accompli puisque c'est le préfet de police qui a fermé la Sorbonne, pour des raisons de sécurité. Mais le devoir d'un président est de faire régner l'ordre et de permettre à tous, enseignants et étudiants, d'entrer dans les sites.
Lci.fr : La Sorbonne est fermée et protégée par les forces de l'ordre depuis un mois. Quelle incidence cela va-t-il avoir sur les examens de fin d'année ?
J-R Pitte : Depuis un mois, la Sorbonne est protégée parce que presque tous les soirs des groupes viennent pour jeter des pavés et des cocktails molotov pour tenter de reprendre la fac. J'espère une sortie de crise rapide. Vendredi, il y aura une réunion pour prendre des décisions provisoires qui correspondront à l'hypothèse d'une reprise des cours à la rentrée des vacances de Pâques. Dans ce cas là, les enseignements du deuxième semestre seront prolongés d'un mois, jusqu'à la mi-juin, et les examens seront faits dans le cadre du contrôle continu et non pas de manière centralisée. De la sorte, on devrait pouvoir arriver à sauver le trimestre. Mais si les manifestations et les violences reprenent, je fermerai tous les sites et il n'y aura pas de deuxième semestre, un point c'est tout.
vendredi 24 mars 2006
Lettre du Président de Paris 3
A l’attention des personnels et des usagers de la Sorbonne Nouvelle
Depuis maintenant trois semaines, un mouvement de protestation de très grande ampleur contre le Contrat Première Embauche a entraîné le blocage du centre Censier et, depuis la semaine dernière, d’autres implantations de notre université. La Sorbonne est par ailleurs inaccessible depuis près de deux semaines. C’est donc la quasi totalité des enseignements et des activités de la Sorbonne Nouvelle qui sont ainsi empêchés, et rien ne vient aujourd’hui laisser entrevoir la fin de ce conflit social.
Le Conseil d’administration de notre université, en votant à l’unanimité, moins une abstention, le 10 mars, une motion demandant le retrait du CPE, rencontre l’exigence exprimée la semaine dernière par la Conférence des Présidents d’Université d’une initiative significative de la part du gouvernement afin de débloquer la situation. Le bon fonctionnement de l’université dépend aujourd’hui de la réponse qui sera apportée aux très importantes manifestations qui ont eu lieu la semaine dernière.
Un Conseil d’administration se tiendra le 7 avril. A cette date, il ne sera pas encore complet ni en mesure de délibérer valablement mais je le consulterai sur les mesures à adopter pour faire face à cette situation difficile. Pour assurer la continuité de nos institutions dans cette période transitoire, je consulterai de même le Bureau de l’université dans sa composition actuelle, jusqu’à ce que de nouveaux membres soient élus par l’Assemblée des 3 Conseils. Je demande enfin aux vice-présidents de continuer à assurer leurs missions jusqu’à l’élection de leurs successeurs.
Je me dois de saluer l’esprit de responsabilité dont chacun a fait preuve dans ce contexte délicat, et grâce auquel nous n’avons eu à déplorer aucun incident grave. Toutefois, cette longue suspension des enseignements va poser de lourds problèmes d’évaluation et de validation. Je souhaite, à cet égard, vous fournir dès maintenant un certain nombre de précisions:
· Il n’est pas possible de modifier notre calendrier. Les contraintes sont telles qu’aucun report des dates prévues ne peut être envisagé. Les rattrapages, effectués à l’initiative des composantes, devront être compatibles avec le planning actuel.
· Je demanderai aux enseignants et aux jurys de tenir compte du raccourcissement du temps d’enseignement dans leurs évaluations et de ne discriminer en aucune façon les étudiants qui n’auront pas suivi les enseignements ni assisté aux partiels pendant cette période de blocage.
· Les enseignants titulaires et chargés de cours seront rémunérés pour les heures d’enseignement initialement prévues et qu’ils n’auraient pu assurer.
Bernard BOSREDON
Président de l’université
Sorbonne nouvelle Paris III
jeudi 23 mars 2006
Un report des examens universitaires n'est pas exclu
PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Education nationale n'exclut pas un report des examens dans les universités où des grèves contre le contrat première embauche (CPE) ont perturbé les cours, parfois depuis cinq semaines.
"Le retard est préoccupant", a déclaré Gilles de Robien sur les ondes de RMC jeudi.
"Dans chaque université, en fonction des perturbations, il faut envisager soit de rattraper les cours ou bien, le cas échéant, dans les cas extrêmes, de décaler les examens, peut-être en septembre pour certains cas", a-t-il dit.
Le ministre a dit qu'il en avait "discuté avec certains présidents d'université" ajoutant qu'il refusait d'"envisager que l'année universitaire puisse être une année blanche".
Le président de la Conférence des présidents d'université (CPU), Yannick Vallée, tire lui aussi la sonnette d'alarme.
Dans un entretien au quotidien Le Parisien, il dit redouter que le problème des examens ne devienne "ingérable" si les actions anti-CPE se poursuivent au-delà de cette semaine.
"Les universités françaises n'ont pas été confrontées à pareille situation depuis mai 68", assure-t-il.
"Si le mouvement se poursuit encore deux semaines, voire un mois, la grève aura touché la moitié du programme. Cela rendrait le problème ingérable et nous ne répondrons de rien"!", prévient-il.
lundi 20 mars 2006
La Coordination étudiante veut amplifier le mouvement
PARIS (Reuters) - La Coordination nationale des étudiants appelle à la grève interprofessionnelle pour obtenir le retrait du contrat première embauche, à l'orée d'une nouvelle semaine de mobilisation.
"L'appel de Dijon", lancé après une longue nuit de débats entre délégations d'une soixantaine d'universités, comprend également un appel à manifester mardi dans toute la France et jeudi à Paris.
Après le succès de la mobilisation de samedi, réunissant étudiants et les salariés, la Coordination nationale s'est adressée à "toutes les composantes de la société" - étudiants, lycéens, salariés et "précaires".
"La mobilisation des jeunes peut encore s'amplifier et même s'amplifier amplement mais plus on est nombreux, moins il nous faudra du temps pour obtenir le retrait du CPE", explique Cécile, étudiante à Versailles-Saint Quentin, toute nouvelle membre du bureau de la Coordination élu dans la nuit pour représenter le mouvement dans les médias.
Une délégation de la Coordination doit rencontrer lundi les responsables des syndicats de salariés, qui se réunissent en intersyndicale en fin de journée et envisagent un appel à la grève générale.
Pas question en revanche de discuter avec le gouvernement tant que le CPE ne sera pas retiré. La Coordination a décliné l'invitation du ministre de l'Education nationale, qui doit recevoir lundi après-midi des organisations étudiantes et ne fera pas partie des jeunes consultés par Dominique de Villepin sur l'insertion professionnelle.
"LAME DE FOND"
"Le gouvernement, le Premier ministre en tête, ne comprend pas ce qui est en train de se passer, ne voit pas la lame de fond qui traverse toute la jeunesse mais également maintenant les parents et les salariés", a déploré sur i-Télé Bruno Julliard, président de l'Unef, qui en appelle à Jacques Chirac.
"Si le Premier ministre n'utilise pas les dernières heures qui lui restent avant la fin de l'ultimatum lancé par les syndicats, je pense que le président de la République a un rôle important à jouer. On le dit assez sensible aux mouvements de jeunesse, là il en a un fort face à lui qui va encore, qui peut encore s'amplifier", a-t-il prévenu.
A Dijon, l'éventail des revendications des étudiants s'est élargi, sans aller jusqu'à demander la démission du gouvernement, réclamée par certains délégués.
En plus du retrait de la loi sur l'égalité des chances, , les étudiants exigent désormais l'abrogation du contrat nouvelle embauche (CNE), créé en août dernier pour les entreprises de moins de 20 salariés.
La Coordination a également appelé à poursuivre le blocage des campus et demandé le report des élections des représentants étudiants dans les conseils d'administration des Comités régionaux des oeuvres universitaires (CROUS), qui devaient se dérouler mardi et jeudi en province, mercredi à Paris.
"La priorité des priorités, c'est la mobilisation anti-CPE. Vu l'impréparation, on estime que les résultats seraient biaisés", souligne la porte-parole de la Coordination nationale.
Parité oblige, le bureau de la Coordination comprend huit filles et huit garçons, venus de toute la France. Il sera renouvelé toutes les semaines.
Une "place spéciale" a été faite à des campus symboliques comme Rennes II, moteur de la contestation, Paris XIII-Villetaneuse, en banlieue, ou Versailles-Saint-Quentin, "qui a été très dure à mobiliser mais apporte un souffle nouveau au mouvement", estime la porte-parole.
Une nouvelle réunion de la Coordination a été programmée le week-end prochain, à Aix-Marseille.
samedi 18 mars 2006
Nouvelle démonstration de force des anti-CPE
PARIS (Reuters) - Des centaines de milliers de manifestants ont lancé un nouveau coup de semonce au gouvernement au terme d'une semaine de mobilisation contre le contrat première embauche (CPE).
Syndicats de salariés, étudiants et lycéens ont revendiqué près d'un million et demi de personnes dans la rue samedi dans toute la France, une mobilisation supérieure aux précédents défilés unitaires des 7 février et 7 mars contre ce nouveau contrat de travail destiné aux jeunes de moins de 26 ans.
"Pour l'instant, nous sommes à 1,3 à 1,4 million de manifestants sur la France, dont 380 à 400.000 à Paris", a déclaré un porte-parole du syndicat Force ouvrière. La CGT a évalué à 1,5 million le nombre des manifestants pour toute la France, dont 350.000 à Paris.
Mais selon le ministère de l'Intérieur, cette journée a mobilisé 503.000 personnes, dont 80.000 à Paris.
Les leaders syndicaux ont brandi l'ultimatum d'une journée de grève interprofessionnelle la semaine prochaine si le Premier ministre, Dominique de Villepin, restait sourd à cette nouvelle démonstration de force.
"Si le gouvernement ne retire pas le CPE, nous pensons qu'il faudrait qu'il y ait un appel commun à une grève interprofessionnelle", a déclaré Jean-Claude Mailly (FO).
"On ne peut plus se permettre d'attendre car le mouvement étudiant va continuer, il peut y avoir des risques. Il doit donc y avoir une grève la semaine prochaine", a renchéri Gérard Aschieri (FSU).
Des incidents ont marqué la fin des défilés à Paris, Rennes, Marseille et Lille, notamment, ont rapporté des témoins.
A Paris, une centaine de jeunes masqués ont jeté des bouteilles sur les forces de l'ordre lors de la dispersion de la manifestation. Ils ont brûlé une voiture et en ont endommagé une autre et brisé des vitrines de magasin. Les forces de l'ordre ont répliqué par des jets de grenades lacrymogènes.
160 CORTEGES
Pour cette troisième journée nationale de manifestations en six semaines, environ 160 cortèges avaient été organisés.
A Paris, des flots d'étudiants, lycéens et salariés ont défilé au coude à coude de la place Denfert-Rochereau à Nation sous la protection d'un important service d'ordre syndical.
Les leaders syndicaux Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly et Gérard Aschieri, notamment, avaient pris place en tête du cortège, aux côtés des responsables étudiants et lycéens.
La province s'est mobilisée, en particulier à Marseille, où les organisateurs ont fait état de 130.000 manifestants.
Entre 15.000 manifestants selon la police et 30.000 selon les organisateurs ont défilé en Bretagne, à Rennes, l'un des symboles de la contestation étudiante.
A Lyon, les manifestants étaient au nombre de 11.000 selon la police et de 25.000 selon les organisateurs.
"C'est le printemps des défilés", proclamait une banderole à Toulouse, où près de 25.000 personnes selon la police, plus de 35.000 d'après les organisateurs, ont manifesté sans incident.
A Pau (Pyrénées-Atlantiques), les manifestants étaient 9.500 selon la préfecture et 15.000 au moins selon les organisateurs, un chiffre légèrement supérieur à celui de Bordeaux.
Même détermination en Normandie. La police a dénombré 30.000 personnes dans les principales villes comme à Caen où elles étaient près de 9.000 et Rouen où elle les a estimées à 8.000, précisant que les syndicats avaient fourni le gros des troupes.
A Strasbourg, 4.500 personnes, selon la police, ont dénoncé "la mort du code du travail" en défilant dans le centre-ville, cierge en carton à la main, derrière un cercueil mauve.
Quelques manifestants portaient nez rouge, perruque ou chapeau claque, une façon de rappeler que le défilé du carnaval a lieu dimanche dans la capitale alsacienne.
Vendredi, Jacques Chirac a souhaité que le dialogue s'ouvre "au plus vite" après deux mois de conflit, mais les opposants au CPE exigent le retrait préalable du texte gouvernemental présenté en janvier et voté au Parlement depuis.
Réservé aux moins de 26 ans, le CPE est assorti d'une période d'essai de deux ans durant laquelle l'employeur peut licencier le salarié sans justifier du motif.
Les appels de la rue n'ont pas fait fléchir Dominique de Villepin. Si le retrait du CPE n'est pas évoqué, l'exécutif travaille toutefois à une sortie de crise.
Les présidents d'université ont demandé vendredi soir à Dominique de Villepin la suspension du CPE afin d'engager des négociations sur la formation et l'emploi des jeunes.
Le Premier ministre semble "en cours de réflexion" sur le bien-fondé d'une telle phase de consultations, a déclaré Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université.
vendredi 17 mars 2006
La gauche appelle Jacques Chirac à restaurer le calme
PARIS (Reuters) - Après les violents incidents qui ont suivi les manifestations contre le contrat première embauche (CPE) jeudi, la gauche et les mouvements de jeunes ont mis en garde la droite contre toute escalade de la violence.
A la veille d'une nouvelle journée de mobilisation nationale réunissant salariés et jeunes, Jacques Chirac en a appelé "à la responsabilité de chacun" et a souhaité que le dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux "s'ouvre au plus vite".
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"Cette manifestation doit se dérouler dans le calme et dans le respect de tous", a exhorté le chef de l'Etat avant une cérémonie de remise de décorations à l'Elysée.
Au total, 272 personnes ont été interpellées jeudi en marge des cortèges étudiants et lycéens, dont 187 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur et la préfecture de police de Paris.
Les violences ont fait 92 blessés légers à Paris parmi les forces de l'ordre. En province, 16 policiers et trois manifestants ont été blessés.
"Il y a eu quelques centaines de délinquants qui venaient pour en découdre", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui a rencontré jeudi soir des CRS et des gendarmes dans le Ve arrondissement de Paris.
"Il y avait là-dedans de l'extrême gauche, de l'extrême droite, des hooligans, des voyous d'un certain nombre de quartiers", a-t-il expliqué à la presse.
"Ce qui s'est passé hier soir est inacceptable", a dit pour sa part le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé. Les incidents parisiens "ont donné lieu à des interpellations et des sanctions. Ils n'ont rien à voir avec le droit parfaitement légitime de manifester".
"Il faut vraiment dissocier ce qui relève de comportements de casseurs et ceux qui ont manifesté tout l'après-midi dans le calme", a-t-il souligné au micro d'Europe 1.
Pour Jean-Louis Borloo, on ne peut pas "toujours poser le problème en termes guerriers". "Je ne doute pas un seul instant qu'on peut être capable entre adultes responsables et républicains de faire les pas nécessaires pour trouver une solution", a expliqué le ministre de l'Emploi sur France 2.
"NE PAS PRENDRE LE RISQUE D'UN DRAME"
Le Parti socialiste a de nouveau interpellé le président de la République, à qui il a implicitement rappelé la mort de Malik Oussekine.
Ce jeune manifestant avait trouvé la mort en décembre 1986 à Paris lors de manifestations contre la réforme des universités mise en place par le gouvernement de cohabitation alors dirigé par Jacques Chirac.
Ancien leader étudiant lors des manifestations de 1986, Julien Dray a exhorté le chef de l'Etat à ne "pas prendre le risque d'un drame". Il lui appartient "de restaurer le calme dans le pays", a-t-il déclaré sur Europe 1.
"On sait quand commence ce genre de manifestations, les dangers que cela représente. La France a déjà connu ce genre de situations", a insisté le porte-parole du PS.
Avant les manifestations de samedi qui "devraient être énormes", Laurent Fabius a appelé le gouvernement à "retirer ce mauvais projet tant qu'il n'y a pas eu un d'accident grave".
L'ancien Premier ministre socialiste a accusé la droite de "jouer le pourrissement, l'amalgame et la division".
Selon Bruno Julliard, président de l'Unef, "les débordements à Paris et à Rennes étaient déconnectés des manifestations".
A ses yeux, le gouvernement porte une part de responsabilité dans la radicalisation de la contestation.
"Lorsqu'on entend le ministre de l'Education expliquer que les étudiants grévistes sont en général des casseurs, lorsqu'on minimise le nombre de grévistes, toutes ces provocations, malheureusement attirent toujours d'autres provocations", a-t-il déploré.
Selon le ministère de l'Intérieur, les manifestations de jeudi ont rassemblé 247.500 personnes, dont au moins 33.000 à Paris. L'Unef revendique 500.000 manifestants en France, et les mouvements lycéens FIDL et UNL respectivement 500.000 et 600.000.
Après le défilé parisien, des heurts ont éclaté entre quelques centaines de jeunes et les forces de l'ordre au carrefour Sèvres-Babylone, près de Matignon, puis place de la Sorbonne.
Un kiosque à journaux et une voiture ont été incendiés et les vitrines de plusieurs cafés et magasins ont été brisées lors des violences qui se sont poursuivies jusque tard dans la soirée dans le Quartier Latin.
jeudi 16 mars 2006
Sèvres-Babylone et La Sorbonne
Sachant que maintenant les affrontements se font Place de la Sorbonne, je suis retournée à Sèvres-Babylone prendre qques photos après le bordel, pr contaster les dégâts (pas trop de vitrines de magasins cassées mais des tags et slogans inscrits !)...
Voici ce qui reste du kioque à journaux sur la grande place et la rue où je me trouvais lorsque j'ai aspiré le gaz lacrymogène :
Voici qques photos de la place de La Sorbonne cette après-midi (pas grand monde, puisque tt le monde était à la manifestation) :


















